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Décarbonation du TRM : le gouvernement fait patienter

Que devient la task force mise en place par le gouvernement et ayant pour objectif la décarbonation du transport routier de marchandises ? Selon nos informations, alors qu’il vient de se faire remettre la feuille de route du maritime, le ministère des transports ne serait plus pressé d’avoir le rapport des conclusions pour le TRM. Sans doute de peur de devoir changer de stratégie.

Les conclusions du rapport élaboré par des constructeurs et des transporteurs n’iraient donc pas dans le sens que veut prendre le gouvernement ou plus concrètement le président Macron. « Beaune joue la montre » nous a rapporté l’un des participants.

Clément Beaune, ministre délégué chargé des Transports, s’est vu remettre mardi dernier la feuille de route dé décarbonation du secteur maritime. Les objectifs ont été fixés dans le prolongement de l’Accord de Paris sur le climat. Afin de les atteindre, le secteur maritime peut agir sur l’efficacité énergétique (technologique, opérationnelle et l’écoconception), le changement d’énergie (recours à des énergies moins carbonées, biocarburants, e-carburants et propulsion par le vent) et la sobriété, principalement liée à la baisse de vitesse des navires.

« Près de 90 % du commerce mondial passe par la mer : la décarbonation du transport de marchandises ne se fera pas sans impliquer pleinement l’écosystème maritime, et son rôle dans la chaîne logistique » a déclaré le ministre Clément Beaune.

Et la feuille de route pour le transport routier ? « Les ministres concernés n’auraient plus le temps (agenda chargé ?) de se voir remettre le rapport TRM », à en croire un proche du dossier. Les conclusions sont pourtant prêtes et écrites. Tous se serait entendu pour décarboner 20% du parc des entreprises de transport « en bonne santé ». « Le compte propre devrait pouvoir faire plus avec un objectif de 30% des immatriculations », selon les premiers éléments connus.

Ce rapport aurait-il pour conclusion une solution non exclusive électrique ? Mais plutôt, comme beaucoup le préconise, un réel mix énergétique ?

Ce qui est désormais acquis : le gouvernement ne lâchera pas d’aides directes bien que les auteurs du rapport le demandent explicitement. « Le secteur ne peut assumer l’investissement » nous a rappelé l’un des proches du rapport.

La task force a-t-elle servi finalement à rien ? Ne connaîtrons-nous jamais ses conclusions ? En tout cas, elle a lu le mérite d’exister et « il fallait que ces travaux aient lieu pour remettre les pendules à l’heure », comme nous l’a confié l’un des participants.