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Hausse du gazole : une remise de 20 centimes par litre de carburant accordée au TRM

Le gouvernement a présenté un plan de soutien de 70 millions d’euros afin d’accompagner les secteurs les plus affectés par la hausse des prix de l’énergie liée au conflit au Moyen-Orient. Le transport routier (50 millions) et la pêche (5 millions) figurent parmi les principaux bénéficiaires. Ces aides, ciblées par secteur, sont pour l’instant prévues pour le seul mois d’avril, mais pourront être renouvelées.

Une remise de 20 centimes par litre pour les transporteurs

Les professionnels du transport routier bénéficieront d’une remise de 20 centimes par litre de carburant dès le mois prochain. Cette aide ne sera toutefois pas automatique : les entreprises devront en faire la demande via un guichet spécifique, dont l’ouverture est annoncée dans les prochains jours. Les TPE et PME du secteur se verront allouer une enveloppe totale de 50 millions d’euros. 

Selon le ministère de l’Économie, cette mesure vise à « préserver la continuité du fret routier et à atténuer l’impact de la flambée des prix sur la trésorerie des transporteurs ».

Un soutien également pour les pêcheurs

Le secteur de la pêche profitera lui aussi d’un accompagnement, avec une enveloppe dédiée de 5 millions d’euros. Celle-ci permettra aux professionnels d’obtenir un remboursement de 20 centimes par litre de carburant, dans des conditions similaires à celles prévues pour les transporteurs.

À ce stade, ces dispositifs ne s’appliquent qu’aux factures du mois d’avril. Leur prolongation dépendra de l’évolution de la situation internationale et de ses répercussions sur les prix de l’énergie.

Un allègement fiscal pour les agriculteurs

Pour les agriculteurs, le gouvernement a choisi un levier fiscal. Le gazole non routier (GNR), utilisé notamment par les engins agricoles, sera exonéré de la totalité du droit d’accise pendant le mois d’avril. Cette mesure, estimée à 14 millions d’euros, correspond à une baisse d’environ 4 centimes par litre. Elle vise à « maintenir la compétitivité face aux concurrents européens », selon l’exécutif.

En parallèle, la France compte demander, lors du Conseil européen du 30 mars, la suspension immédiate du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) sur les engrais. Cette taxe s’applique aux produits importés fortement émetteurs de CO₂.

La réaction des fédérations TRM

« Les mesures telles que présentées par le Gouvernement sont incompréhensibles. Elles ne semblent ni à la hauteur de la crise, ni adaptées aux réalités du terrain » estime la FNTR qui parle « d’un dispositif complexe, lourd à activer et insuffisant ». La fédération n’appelle pas à une manifestation nationale, « cependant la grogne monte fortement chez les professionnels. La Fédération ne peut exclure certains mouvements locaux » ajoute-t-elle.

« L’annonce d’une aide forfaitaire ciblée à destination des transporteurs routiers « les plus fragilisés par la crise, en grande difficulté constitue une avancée significative qui demande toutefois à être précisée dans ses modalités et son périmètre » prévient l’OTRE. L’organisation rappelle, à juste titre,  que « l’enveloppe totale de 50 millions d’euros ne paraît pas à la hauteur de la gravité de la situation, des difficultés rencontrées par les professionnels concernés, ni des mesures qui avaient été prises en 2022. À cette date, l’enveloppe mobilisée s’élevait en effet à 400 millions d’euros, soit un montant huit fois supérieur ».

L’Union TLF partage ses interrogations : quelles seront concrètement les modalités d’accès et de mise en œuvre de ces aides ? Quelles réponses seront apportées si la crise venait à s’inscrire dans la durée ? « Face à une situation qui dépasse l’urgence », l’Union TLF appelle à la mise en place de mesures structurelles, lisibles et pérennes, seules capables de garantir la résilience et la compétitivité du secteur du transport. ​​​« Si les aides annoncées peuvent soutenir des transporteurs à court terme, c’est tant mieux. Mais nous appelons à des mesures plus durables de compétitivité pour les transporteurs, comme la baisse immédiate et pérenne de la fiscalité du carburant pour les transporteurs, qui est plus cher en France que dans le reste de l’Europe » a réagi Jean-Thomas Schmitt, président de l’Union TLF.

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