EDITO HERVE REBILLON

EDITO de Hervé Rébillon : Et si on s’opposait à l’écotaxe comme aux ZFE

Rêvons un peu. Imaginons un instant une poignée de députés, motivés par un élan de bon sens populaire, déposant un amendement pour annuler toute écotaxe en France. L’Assemblée nationale, dans un sursaut démocratique inattendu, vote la suppression pure et simple de ce dispositif. L’écotaxe, symbole d’une écologie punitive et déconnectée, disparaît du paysage législatif. Fin de l’histoire.

Évidemment, ce scénario relève presque de la science-fiction. Car dans les faits, tout semble aller dans le sens inverse : multiplication des restrictions, fiscalité verte qui n’a de verte que le nom. Le tout emballé dans une communication moralisatrice où le bon transporteur est celui qui paie — sans broncher.

Pourtant, l’opposition aux ZFE (Zones à Faibles Émissions) a montré que l’acceptation passive n’est plus de mise. Les Français, lassés de voir leur liberté de circuler restreinte sous prétexte de protection de l’air, ont commencé à lever la tête. Sur fond d’élection municipale à venir, les députés ont décidé de les annuler.

Alors, pourquoi ne pas étendre cette prise de conscience à l’écotaxe ? Car derrière le vernis environnemental, il s’agit bien souvent d’une taxe de plus, pesant surtout sur les entreprises de transport, sur celles qui n’ont pas d’autre choix que leur poids lourd pour exister, travailler, transporter. Ce n’est pas l’écologie qui est rejetée mais une écologie hors sol, fiscalisante, punitive, et souvent inefficace.

Dire non à l’écotaxe, ce n’est pas nier l’urgence climatique. C’est au contraire appeler à une transition équitable, intelligente, et réellement soutenable. Une écologie de solutions, pas de sanctions. Une écologie d’adhésion, pas de coercition. Et si, cette fois, on osait dire non.

Le débat ne fait que commencer ou recommencer dans le cadre de la conférence de financement des infrastructures de transport, baptisée Ambition France Transports . Mais il est grand temps que les voix discordantes, en premier lieu nos chers députés qui connaissent les régions, ne soient plus marginalisées mais entendues, relayées, et peut-être un jour … votées.