EDITO HERVE REBILLON

Les transporteurs doivent être doublement honorés

Parce qu’ils ont été en première ligne, parce qu’ils ont su résister financièrement malgré aucun plan de relance réel pour le secteur, les entreprises de transport doivent être doublement honorés. Pendant le confinement, sans cette ligne de vie, la France n’aurait pas été approvisionnée. Tout se serait arrêté.

Alors que le gouvernement défend le fret ferroviaire et l’aide à coup de millions, le transport routier reste le parent pauvre. Aujourd’hui, le rail transporte 9% des marchandises en France. Au mieux, grâce au gros coup de pouce de l’Etat, dans le meilleur scénario, sa part pourrait grimper à 12%, selon les analystes. Le gouvernement est gourmand et table sur une part de 18% d’ici 10 ans. Mais il n’arrivera pas à rattraper le retard accumulé et ne pourra jamais égaler l’Allemagne ou l’Autriche dont la part du fret ferroviaire dépasse les 20%. Quoiqu’il en soit, le transport par route préservera une part majoritaire, alors pourquoi l’ignorer à ce point ?

Il faut malheureusement des contextes difficiles pour que ces évidences soient mises en avant. Comme me le soulignait dernièrement une responsable de fédération, le TRM est perçu comme « accompagnateur » des secteurs de l’économie du pays et non comme essentiel. Pourquoi ?

Sur le plan économique, le tableau aurait pu être plus noir. Les entreprises de transport ont peu emprunté, ayant déjà des emprunts. Elles ne se sont pas surendettées. Les aides ont suffi et les trésoreries ne sont pas restées totalement vides même si certaines sociétés ont dû fermer. La reprise est lente mais certaine.

Celui ou celle qui honorera les transporteurs français aura tout compris et aura saisi l’importance de ce secteur. Ce sera aussi la meilleure campagne de communication que l’on peut leur offrir. Comme je l’ai dit à plusieurs reprises, la France est le seul pays à ne pas mettre en avant ses ouvriers de la route (et c’est loin d’être péjoratif), que ce soit les conducteurs ou les transporteurs.

3 Responses

  1. vivement la retraite y en a mare de se boulot 40 ans de route et 10 euros 70 c

  2. Très bon édito , la réalité , rien à ajouté , sauf le mépris de nos gouvernants pour la grande et valeureuse famille des transports routiers .

  3. Une production n’a de valeur que par son transport vers les consommateurs :
    Le Transport routier est incontournable ! Les Femmes et Hommes du Transport
    sont courageux ,passionnés souvent et les dirigeants prennent des risques financiers
    en investissant sans cesse pour rester performants …
    Hélas , la concurrence est rude et les marges sont tres faibles ce qui ne permet pas de
    rémunérer les collaborateurs correctement et c’est dommage …

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