Les alliances géopolitiques se façonnent au gré des ambitions de leurs dirigeants. Et quand ces ambitions s’appellent Vladimir Poutine et Donald Trump, les cartes du commerce mondial sont inévitablement rebattues.
Derrière les discours nationalistes et les démonstrations de force, une réalité s’impose : la volonté indirecte de ces deux leaders de redessiner les flux de marchandises selon leurs propres règles.
Depuis des décennies, les routes du commerce international se sont structurées autour d’un principe simple : la libre circulation des biens, dans un cadre régi par des accords multilatéraux. L’Organisation mondiale du commerce (OMC) en a été le garant, du moins jusqu’à ce que l’unilatéralisme américain sous l’ère Trump et l’affirmation de la puissance russe sous Poutine viennent en bousculer les fondements.
Poutine, fort de son alliance avec Pékin, accélère le développement de la Route de la Soie version XXIe siècle, misant sur des corridors alternatifs pour contourner les sanctions occidentales. L’axe Moscou-Pékin-Téhéran s’affirme comme un contrepoids aux routes commerciales traditionnelles dominées par l’Occident. Le transit des cargaisons via la route maritime du Nord reliant l’Europe à l’Asie par l’Arctique a augmenté de 44% en 2024. Du fret historiquement transporté via le Canal de Suez.
Pendant ce temps, Trump, qui tente de marquer son retour à la Maison-Blanche, promet de démanteler les accords qui, selon lui, entravent les intérêts économiques américains. Protectionnisme exacerbé, taxation des importations et pressions sur les partenaires commerciaux : la doctrine Trumpienne repose sur l’isolement stratégique pour forcer un rapport de force avantageux.
Mais ces visions antagonistes ont un point commun : elles affaiblissent les mécanismes de régulation globale. À l’heure où les chaînes d’approvisionnement sont déjà fragilisées par la pandémie et les tensions géopolitiques, la perspective d’un commerce mondial polarisé inquiète. L’Europe, prise en étau entre ces deux visions, tente de préserver un équilibre précaire. Mais pour combien de temps ?
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