En cette rentrée toujours menacée par la pandémie et sur ses conséquences sur tous les secteurs économiques dont le transport routier, Florence Berthelot, déléguée générale de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR) a accordé une interview à TRM24. Elle revient sur l’état de santé des entreprises de transport et sur le plan de relance qui a oublié le secteur qu’elle représente.
« Nous serons attentifs à ne pas financer ce plan de relance »
Aide achat camions électrique-hydrogène : « nous ne sommes pas sur des technologies matures »
« Nous n’avons pas retrouvé le niveau d’activité d’avant-crise »
« Nous sommes pratiquement le seul secteur à avoir été fiscalisé y compris après le COVID »
Pour son organisation, le plan de relance présenté par le gouvernement « n’est pas réellement une surprise. » « C’est un plan de long terme qui se projette sur 10 ans assez général » nous a-t-elle indiqué avant d’ajouter que, malgré tout, les entreprises de transport « en bénéficieront ». La déléguée générale de la FNTR espère surtout que le secteur n’aura pas à payer le plan de relance : « nous serons attentifs à ne pas financer une partie de ce plan » faisant référence à la fiscalité dont le transport routier est déjà fortement exposé. « Avec les 2 centimes d’augmentation en début d’année de la TICPE, nous sommes pratiquement le seul secteur à avoir été fiscalisé y compris après le COVID. » La FNTR regardera de près par ailleurs « le projet de loi qui va décliner les propositions de la convention citoyenne (« une proposition demande à augmenter cette fiscalité »). »
La mesure d’aides à l’acquisition de poids lourds électriques et hydrogènes, seule proposition concernant le secteur dans le plan de relance, est « un point positif » pour Florence Berthelot. « Mais nous ne sommes pas sur des technologies matures » a-t-elle tenu cependant à préciser sachant que la commercialisation généralisée des camions électriques et hydrogènes ne sera pas effective avant 2 à 5 ans. « Les transporteurs sont déjà engagés dans la transition énergétique mais il y a tout l’écosystème qui va avec et notamment le réseau de stations d’avitaillement » a-t-elle ajouté.
Reste à savoir si les entreprises de transport sont prêtes à investir dans le parc roulant. « Nous n’avons pas retrouvé le niveau d’activité d’avant-crise. Les entreprises souffrent de la désorganisation des marchés. Les comptes d’exploitation ne sont pas du tout positifs et pour investir il faut de l’argent. Notre préoccupation est que l’on ait suffisamment de compensations pour pouvoir se lancer dans des investissements » nous a répondu Florence Berthelot. « Et en cette rentrée, ce n’est pas sûr que ce soit la priorité absolue de toutes les entreprises de transport (d’investir dans des véhicules) » a-t-elle ajouté.
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