Après une pause (Covid oblige) les constructeurs semblent retrouver de l’appétence pour les développements autour des véhicules automatisés et autonomes. Peu à peu, les obstacles sont identifiés et les cas d’usage se dessinent. Comment passer du gadget à une offre commerciale utile ?
Si les firmes françaises du secteur furent pionnières, elles l’ont dû pour partie à l’implication de leurs opérateurs nationaux Keolis, Transdev ou RATP. Le souci est que, pour certaines expérimentations, cela tenait plus du gadget que d’un vrai service offert à la population. On se souvient de cette navette sur le pont Charles de Gaulle entre les gares de Paris-Austerlitz et Paris gare de Lyon que les piétons dépassaient tant elle avançait lentement.
Yann Arnaud, directeur Besoins sociétaires et Innovation de la Macif et président du conseil d’orientation de la Communauté d’intérêt sur le véhicule autonome (CIVA), l’a dit clairement lors de la conférence de presse d’inauguration du service de navette sur le parc d’activités de Rovaltain le 27 février 2025 : « Une navette autonome à la Défense, où il y a pléthore d’offres de transport, cela n’a aucun intérêt. » Il enfonce le clou : « Je ne suis pas inquiet : le besoin est là, le marché est là, les technologies sont là ». Benjamin Beaudet de beti™ relève que Jennifer Li, directrice financière et responsable des activités internationales de WeRide, n’a pas une formation d’ingénieur mais approche les sujets en cas d’usage. Une méthode qui ne peut que plaire au dirigeant français, convaincu depuis les tests initiés en 2018 à Saint-Donat-sur-l’Herbasse (Drôme) de la pertinence des « navettes automatisées » dans les zones rurales.
Satisfaire un besoin non comblé
Ces véhicules ne viendraient pas remplacer un service existant mais au contraire en créer un. C’est pourquoi Yann Arnaud de la Macif considère que ce n’est pas une menace pour les salariés du transport routier de voyageurs : « il n’y a pas de chauffeurs pour desservir ces zones là, ce n’est donc pas de la destruction d’emplois ». Pour des distances relativement longues, les développements de WeRide autour de véhicules autonomes de transport de passagers capables de rouler à 60km/h prennent tout leur sens.
Pour le moment, dans le cadre des navettes circulant sur la zone d’activités Rovatain, elles peuvent atteindre les 40km/h, ce qui constitue un grand progrès par rapport aux navettes de première génération limitées à 18km/h. Noël Mercier, en charge des projets innovants et du développement entrepreneurial au sein de Archparc, estime quant à lui que « le transport à la demande est peut-être l’avenir du véhicule autonome » et que des spécialistes français du TAD comme Padam Mobility s’y intéressent. Mais, à moins d’en réduire le périmètre à des « lignes de transport en commun virtuelles » liées à d’intensives campagnes d’apprentissages, le véhicule autonome à la demande dans les espaces sans transports publics exigera une autonomie niveau L5.
La suite demain : Les véhicules autonomes le sont-ils réellement ?
Re(lire) Focus : les véhicules automatisées et autonomes (1)
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