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Focus : les véhicules automatisées et autonomes (1)

Après une pause (Covid oblige), les constructeurs semblent retrouver de l’appétence pour les développements autour des véhicules automatisés et autonomes. Peu à peu, les obstacles sont identifiés et les cas d’usage se dessinent.

L’ouverture au service commercial le 10 mars 2025 de la première « navette automatisée » de niveau L4 en France par la PME familiale beti™ rappelle que le sujet demeure d’actualité. MAN Truck & Bus annonçait le 6 février dernier mettre à la disposition de la communauté scientifique et des développeurs de systèmes d’automatisation l’ensemble des données autour des véhicules autonomes. Il s’agit de 747 cas de figures enregistrés lors des tests réalisés par la marque avec un MAN TGX 18.510 instrumenté, essentiellement sur autoroutes, mais aussi sur une plateforme logistique ainsi qu’en ville et sur route.

Cinq mois plus tôt, lors du salon IAA 2024, l’allemand Continental et l’américain Aurora officialisaient un partenariat exclusif pour le développement d’architectures électroniques (hardware et software) dédiées aux véhicules automatisés ou autonomes. Alliance transatlantique toujours, cette fois-ci entre Iveco et la firme Plus basée en Californie. Plus est partenaire du groupe Traton (donc de MAN) et de Hyundai Motor Company pour l’autonomisation niveau L4 de la conduite de camions. Au mois de mai 2024 Renault Group annonçait de son côté une coopération avec le chinois WeRide.

Le véhicule autonome à l’ordre du jour du Dialogue stratégique

Le 5 mars 2025, la mission de Dialogue stratégique initiée par la présidente de la Commission européenne Ursula van der Leyen a également inscrit le sujet des véhicules automatisés à l’ordre du jour d’un futur plan de soutien dédié. Une Alliance européenne du véhicule connecté et autonome est annoncée. Elle associera partenaires publics et privés pour un montant annoncé de 1 milliard d’euros (via les programmes Horizon Europe 2025-2027. La Commission s’engageant dans la définition rapide d’une règlementation harmonisée.

On l’a vu à la liste des partenariats industriels et au soudain empressement de la Commission pour développer un écosystème européen du véhicule autonome (des microprocesseurs au logiciels) que l’avance de l’Europe semble fondre comme neige au soleil. En France, Navya et Esaymile, qui furent parmi les pionnières dans ces technologiques ont connu, ou connaissent, de graves difficultés de trésorerie. Easymile est en procédure de sauvegarde depuis l’été 2024. Selon les observations de Benjamin Beaudet, P-DG de beti™ qui travaille activement à la commercialisation de services à base de « navettes automatisées », les Américains et Chinois accélèrent depuis 2 ans et ont acquis une avance technique et commerciale considérable du fait d’investissements jugés colossaux. Un autre péché originel du camp français, ou européen, pourrait ne pas être lié à l’argent mais à une question de méthode.

La suite demain : Comment passer du gadget à une offre commerciale utile ?

Equipement de véhicules autonomes Continental