Lors du Conseil des ministres européens des Transports, qui s’est tenu le 5 juin à Luxembourg, le ministre français Philippe Tabarot a confirmé l’opposition ferme de la France à la libéralisation des poids lourds de 44 tonnes sur les routes. L’Otre exprime son incompréhension face à une position française « déconnectée des réalités du terrain ».
« La France n’est pas favorable, car nous craignons un report modal défavorable du ferroviaire vers la route, alors que le fret ferroviaire est déjà en difficulté et mérite notre soutien », a-t-il déclaré devant ses homologues européens. Il a également souligné que les poids lourds concernés roulent encore majoritairement au diesel, ce qui va à l’encontre des objectifs de décarbonation du secteur. Le ministre a rappelé que la circulation accrue de ces véhicules accélère l’usure des infrastructures routières, particulièrement en France, pays de transit.
L’Otre dénonce une position « déconnectée des réalités »
La réaction de l’Otre ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué, elle a exprimé son incompréhension face à une position qu’elle juge « idéologique » et « déconnectée des réalités du terrain ».
L’Otre précise qu’elle ne réclame pas une généralisation du 44 tonnes, mais uniquement un encadrement strict de son usage en transfrontalier. Concrètement, cela signifie autoriser le franchissement de frontières entre deux pays voisins, à condition que chacun autorise déjà le 44 tonnes sur son propre territoire. Il ne s’agirait donc pas de permettre des trajets longue distance à travers plusieurs pays, mais de faciliter un usage local, ciblé et pragmatique.
Un appel à une approche plus pragmatique
L’organisation appelle le gouvernement français à revoir sa position et à sortir de « postures idéologiques » pour adopter une approche pragmatique et équitable. Elle souligne que cette évolution réglementaire serait favorable aux transporteurs français, renforcerait la compétitivité de l’économie nationale, tout en contribuant à une transition écologique efficace et réaliste.
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