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Lubrifiants et emballages : de nouvelles perspectives pour les transporteurs routiers

TRM24 boucle aujourd’hui une série de 3 interviews avec André Zaffiro, directeur général de Cyclevia, l’éco-organisme de la filière des huiles et lubrifiants. Pour cette dernière rencontre, retour sur une première participation à Solutrans, mais aussi partage des innovations et perspectives d’une filière indispensable à la bonne marche de nos poids lourds.

Cette première expérience à Solutrans a-t-elle été bénéfique pour Cyclevia ? 

André Zaffiro :

« Oui, à n’en pas douter. Nous sommes un jeune éco-organisme et si nous sommes parfaitement identifiés au sein de notre propre filière, c’est moins évident dans les secteurs qui utilisent nos produits, et notamment celui des transports routiers. Il était donc essentiel de venir à la rencontre des professionnels et Solutrans était pour nous une belle opportunité. Je tenais d’ailleurs à remercier tous les transporteurs, concessionnaires, ateliers, metteurs en marché et jeunes en formation pour les échanges que nous avons eus. Des moments importants pour sensibiliser, partager nos bonnes pratiques et faire progresser ensemble l’économie circulaire. Des moments instructifs aussi pour nous qui sommes au début d’une relation avec les acteurs du secteur. Nous avons besoin de mieux les connaître pour bien travailler ensemble. C’est dans l’intérêt de tout le monde. L’économie circulaire ne se fait pas seul dans son coin et nécessite l’implication de toutes les parties prenantes, et pendant toute la durée du cycle de vie du produit, dans lequel le déchet occupe une place cruciale.

Nous nous étions aussi fixés comme objectif de faire connaître aux professionnels « Ma collecte », notre service de collecte et de recyclage des huiles usagées, idéal notamment pour les réseaux et les sociétés disposant de plusieurs sites. Les retours ont été positifs et nous incitent à poursuivre dans cette direction ».

Et vous avez tenu aussi à prendre la parole de façon plus globale ?

André Zaffiro :

« Oui, Solutrans a vraiment été une tribune. Nous avons eu la chance de participer à une table ronde aux côtés de plusieurs protagonistes engagés dans la transformation du secteur. J’ai pu constater que la vision d’une filière moins carbonée, plus propre et plus responsable était partagée. Les sujets du rétrofit, du reconditionnement et du recyclage ont été abordés. La salle était comble. Les interventions de bonne qualité et inspirantes. C’est capital pour nous de participer à un mouvement plus global, car ces solutions additionnées concourent finalement toutes à une même dynamique ».

Sur le plan de l’innovation, que retenez-vous de cette édition ?

André Zaffiro :

« Les thèmes développés lors de la conférence illustrent bien la capacité du secteur à se réinventer et à trouver des réponses innovantes, réponses qui participent à créer de la valeur. On touche là à un argument essentiel de l’économie circulaire. C’est ce qui rend le modèle aussi attractif et pertinent aujourd’hui. Si les constructeurs poids lourds et leurs réseaux de maintenance commencent à l’intégrer à leur démarche, les producteurs de lubrifiants s’y sont également mis. L’un d’entre eux a d’ailleurs profité du salon pour lancer sa gamme d’huile régénérée dédiée aux poids-lourds. Si les locomotives enclenchent le pas, tout le monde s’y mettra. Mais pour accompagner cette montée en circularité, le marché français a besoin de volume et de qualité. C’est une des grandes priorités de Cyclevia ».

On parle beaucoup des huiles mais qu’en est-il de leurs emballages ?

André Zaffiro :

« C’est une bonne question et vraiment d’actualité. Aujourd’hui, pour la collecte de leurs emballages d’huile (les fûts métalliques, les bidons en plastique, les GRV), les transporteurs font appel à un opérateur privé. Et ils payent très cher pour ça car ce sont des déchets encombrants et dangereux, et aussi parce qu’aucune filière de recyclage n’existe réellement en France, notamment pour les petits contenants plastiques qui sont très majoritairement broyés et valorisés en énergie avec les résidus d’huiles neuves ou usagées qu’ils contiennent.

Mais à partir de 2026, et les années qui suivront, les choses vont changer. En effet, l’État, qui encadre notre activité, a pris la décision le 18 novembre dernier de nous confier la responsabilité de la gestion de ces emballages. C’est une excellente nouvelle. Nous militions pour depuis plus de deux ans. Cette décision marque une avancée pour la filière des lubrifiants, mais aussi pour les détenteurs de ce déchet car ils seront soulagés d’un coût non négligeable. Comme pour les huiles usagées, Cyclevia financera les opérations. Outre la maitrise de ces coûts, nous développerons aussi une boucle spécifique de collecte et de traitement, qui n’existe pas encore vraiment en France aujourd’hui. Ces nouvelles perspectives sont très motivantes. Nous attendons de la part du ministère la publication imminente du cahier des charges pour mettre en place notre action sur le terrain. Nous aurons certainement l’occasion d’en reparler ».

Re(voir) la Conférence : Rétrofit, régénération, recyclage : comment améliorer la valeur de son véhicule ?, cliquez ici.

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