Face à l’aggravation de la crise que traverse le transport routier de marchandises, la présidente de la FNTR, Florence Dupasquier, a adressé, hier, un courrier au ministre des Transports, Philippe Tabarot, pour rappeler l’urgence de la situation. Plus de trois mois après le début de la crise carburant liée au conflit au Moyen-Orient, la profession attend toujours des réponses concrètes et opérationnelles de la part du gouvernement.
Des annonces sans effets concrets
Malgré les engagements annoncés fin mars, les aides d’urgence restent largement théoriques. Si un décret a bien été publié le 17 avril et si un guichet a été ouvert par l’Agence de Services et de Paiement (ASP) le 12 mai, aucun versement n’a encore été constaté à ce jour.
Cette absence de soutien effectif fragilise les trésoreries des entreprises et alimente une profonde perte de confiance au sein de la profession, selon la FNTR.
Une incertitude persistante pour les prochains mois
La situation est d’autant plus préoccupante que le décret relatif aux aides de mai, ainsi qu’à leur prolongation annoncée pour les mois de juin, juillet et août, n’a toujours pas été publié. Cette attente maintient les entreprises dans une incertitude jugée inacceptable.
Des engagements gouvernementaux toujours en attente
Lors de la réunion interministérielle du 22 avril, plusieurs engagements avaient été évoqués sur des sujets structurants pour le secteur. Pourtant, à ce jour, aucune mesure concrète n’a été mise en œuvre.
Les transporteurs dénoncent ainsi un écart croissant entre les annonces gouvernementales et leur application effective sur le terrain, ainsi qu’un manque de considération pour une activité essentielle au fonctionnement de l’économie nationale.

Des solutions immédiatement applicables
La FNTR rappelle que plusieurs mesures pourraient être déployées rapidement, sans coût supplémentaire pour les finances publiques : renforcer et sécuriser le mécanisme d’indexation du prix du carburant afin de garantir une répercussion automatique et rapide des hausses de coûts, à l’image du dispositif adopté en Espagne il y a déjà deux mois ; faire respecter strictement les délais de paiement à 30 jours dans le secteur du transport et sanctionner les dépassements ; mettre en place un plan de continuité clair pour anticiper les risques de tensions sur l’approvisionnement en carburant, notamment à l’approche de la période estivale.
Dans son courrier au ministre, la FNTR appelle les pouvoirs publics à transformer sans délai leurs annonces en mesures visibles, rapides et opérationnelles. Pour de nombreuses entreprises du transport routier de marchandises, il en va désormais de leur survie. Le secteur réclame avant tout de la visibilité, de la stabilité et des décisions concrètes.
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