Dans sa dernière note de conjoncture, l’IFP Énergies nouvelles relève une atonie mondiale sur le plan économique contribuant à une relative détente des cours de pétrole brut. Mais cela ne se vérifie pas sur les produits raffinés.
Les prix encore élevés
La note de conjoncture de l’IFP Énergies nouvelles datée du 10 novembre 2025 explique pourquoi, malgré un prix du Brent stable à 64$/baril, les prix des carburants restent élevés en Europe. Jérôme Sabathier, chef du département économie et évaluation environnementale à l’IFP Énergies nouvelles, donne une explication détaillée : « sur le marché de Rotterdam, les prix de l’essence ont globalement suivi la baisse du Brent, avec une baisse de 2,2 %, tandis que le prix du diesel a légèrement progressé de 0,4 %. Le différentiel entre le prix du gasoil et celui du Brent reste élevé à 31,8 $/b vendredi dernier, mais il est en léger recul, ce qui témoigne toujours de tensions sur l’offre, principalement en raison des attaques de drones ukrainiens contre les raffineries russes qui réduisent la quantité de diesel exportée par la Russie vers le marché mondial. Cependant, la situation d’approvisionnement en Europe n’est pas si tendue. Les stocks de gasoil dans la zone ARA sont aujourd’hui supérieurs à ceux de l’an dernier et dépassent également la moyenne des cinq dernières années. Ainsi, le niveau de nervosité observé sur le marché semble quelque peu exagéré ».
Exagération d’autant plus marquée que le contexte économique mondial ne devrait pas à court terme tirer la demande en produits pétroliers.
Une croissance économique en berne dans différentes régions du monde
Selon le chef du département économie de l’IFPEN, « les analystes sont divisés quant à la trajectoire à moyen terme : certains anticipent un Brent à 50 $/b fin 2026, tablant sur un excédent d’offre durable, tandis que d’autres, plus optimistes, misent sur une stabilisation autour de 60 $/b ».
Les Etats-Unis connaissent ainsi un huitième mois consécutif de recul de l’activité manufacturière (effet pervers des barrières douanières érigées par l’administration Trump) tandis que la zone Euro reste atone. La Chine verrait également sa production manufacturière subir un ralentissement de sa croissance, la cause en étant principalement la fermeture ou la faiblesse des marchés d’exportation.
Quant aux exportations de produits pétroliers russes, elles semblent subir les effets des sanctions prises en octobre par les USA (en attendant une nouvelle parade). L’agence Bloomberg estime que les exportations maritimes russes auraient chuté de -20% la première semaine de novembre 2025. Pendant ce temps, la production pétrolière américaine reste à des niveaux très élevés depuis juillet 2025, même si le nombre de puits actifs diminue sensiblement depuis avril 2025.
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