EDITO HERVE REBILLON

EDITO de Hervé Rébillon : promettre, patiner, puis disparaître

Et voici donc un nouveau visage à l’hôtel Le Play, boulevard Saint-Germain. Combien sont-ils passés avant lui, annonçant des réformes ambitieuses, des projets titanesques, des promesses d’une France en mouvement ? Aujourd’hui, c’est au tour de Philippe Tabarot de prendre les commandes du ministère des transports. Mais faut-il vraiment attendre autre chose qu’un nouvel épisode de ce feuilleton qui n’est que politique ?

Un ministère en quête d’une vraie direction

Les Transports, un portefeuille pourtant clé dans notre économie, navigue depuis trop longtemps à vue. Entre les injonctions à verdir la mobilité, l’éternel manque de moyens pour les infrastructures, et les crises ponctuelles qui éclipsent les problématiques de fond en particulier du transport routier de marchandises, chaque ministre semble pris dans un cycle infernal : promettre, patiner, puis disparaître.

Philippe Tabarot n’aura pas la tâche facile, c’est vrai. Mais il hérite aussi d’une tradition bien française : celle d’une vision court-termiste où l’on préfère inaugurer des projets de prestige que résoudre les vrais problèmes du quotidien. Car l’acheminement des marchandises concerne bien le quotidien des français. Les enjeux du secteur demandent autre chose qu’un « énième ministre » : il faut une vision globale et du courage politique pour agir là où ça fait mal.

Les mêmes recettes ?

Tabarot saura-t-il faire autrement ? Rien, pour l’instant, ne semble indiquer un changement de cap. On parle déjà d’énièmes consultations auprès des partenaires sociaux (le bal des rencontres avec les fédés et les syndicats ne devrait pas tarder) et d’une liste de réunions de travail. Autant de mots qui ont, par le passé, produit bien peu de résultats concrets. Si le ministère des Transports se résume encore une fois à un poste de passage, les problèmes resteront les mêmes, et les entreprises du secteur continueront à en payer le prix.

Il est temps que ce ministère cesse d’être une gare de transit pour ambitions ministérielles voire locales. Car Philippe Tabarot n’a pas oublié qu’il était sénateur des Alpes-Maritimes. Dès sa nomination, il a promis de s’occuper en urgence du dossier du tunnel de Tende. C’est chose faite, ce fut son premier déplacement en province samedi dernier. Les partenaires sociaux peuvent bien attendre.