Articles 18H

La CLEPA reconnaît des avancées de la Commission mais les enjeux industriels demeurent

Suite aux annonces faites cette semaine par la Commission Européenne concernant l’industrie automobile, la CLEPA, association regroupant les équipementiers européens, reconnaît quelques avancées mais rappelle qu’il reste beaucoup d’inconnues.

Les équipementiers oubliés

La CLEPA a pris note d’un premier pas positif en faveur de l’idée de neutralité technologique. Mais elle s’alarme aussitôt de mesures trop complexes (qui a dit bureaucratiques ?) et insuffisantes pour résoudre les problèmes de l’industrie automobile. Mesures qui seraient dès lors inefficaces pour préserver entreprises et emplois européens face à la compétition internationale (qui a dit la Chine ?).

La CLEPA insiste surtout sur le fait que les sujets liés aux équipementiers n’ont pas été évoqués. La CLEPA rappelle ainsi que seul un petit nombre de sociétés va pouvoir profiter de la marge de manœuvre accordée. En outre, les dispositions « Made in EU » de la révision du règlement ne s’appliqueront qu’aux petits véhicules électriques, ce qui signifie que leur impact global sur l’industrie restera limité. Cela ne suffira peut-être pas pour garantir que la production restera en Europe, un intérêt clé pour l’industrie manufacturière de plusieurs États membres. Pour la CLEPA, limiter la règle du « contenu local européen » aux seuls véhicules bénéficiant de financements publics est de nature à réduire l’impact de la mesure.

Benjamin Krieger, secrétaire général de la CLEPA, reconnaît une forte volonté d’accélérer l’électrification et de renforcer la résilience mais que « de telles mesures perdent leur efficacité sans une claire ligne en faveur de la neutralité technologique. Au lieu de favoriser la compétitivité, elles risquent de restreindre les opportunités, sapant la capacité de l’Europe à mener le monde de l’industrie automobile. »

De la différence entre écouter et entendre

La CLEPA attends toujours les éclaircissements autour du plan d’accélération industrielle (Industrial Accelerator Act ou IAA) devant être adopté le 28 janvier 2026. Elle presse également la Commission européenne à prendre en considération les préoccupations croissantes des équipementiers. Sans adaptations de la politique européenne, ce seraient près de 650 000 emplois qui pourraient être perdus en Europe d’ici à 2035 dans les seuls rangs des équipementiers ; « Parallèlement, un cadre technologiquement neutre qui reconnaisse le rôle de l’électrification, de l’hybridation et des carburants renouvelables neutres en CO2, est essentiel pour assurer l’atteinte des objectifs environnementaux sans compromettre la compétitivité ou la liberté de choix des consommateurs » ajoute la CLEPA. Une requête qui peut également s’appliquer aux véhicules industriels confrontés aux mêmes enjeux.

« Nous avions espéré voir plus de la part de la Commission européenne, compte tenu du soutien notable au Parlement européen et au Conseil pour une approche plus audacieuse » conclut le communiqué de la CLEPA.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *