Selon l’enquête 2024 du Comité National Routier (CNR), les entreprises françaises du transport routier longue distance peinent à retrouver leur niveau d’activité d’avant la crise sanitaire. L’indicateur de production d’un véhicule affiche un recul de 0,4 % entre 2023 et 2024. Par rapport à 2019, dernière année pleine avant la pandémie, le déficit d’activité atteint -8,6 %.
Une inflation marquée des coûts
L’année 2024 a vu une forte hausse des coûts pour les entreprises du secteur, touchant l’ensemble des postes de dépenses :
- Rémunération des conducteurs : +3,6 %
- Coûts de maintenance : +2,7 %
- Assurances : +7,1 %
- Coûts fixes de structure : +8,7 %
Cette inflation concerne aussi bien les charges sociales que les dépenses kilométriques ou fixes, pesant lourdement sur la rentabilité des entreprises.
Des tendances structurelles sur le long terme
Sur une période plus longue, l’étude du CNR met en lumière des évolutions notables dont la baisse de la productivité : l’indicateur de production par véhicule a chuté de 14,1 % depuis 2007. Elle indique aussi une réduction de la consommation de gazole : -8,6 % en dix ans, traduisant des efforts en matière de consommation énergétique.
On apprend par ailleurs que la rémunération des conducteurs a progressé de 30,7 % en dix ans, une évolution supérieure à celle du SMIC sur la même période (+24,7 %).
L’enquête du CNR dresse un portrait préoccupant du transport routier longue distance en France. Conjuguant baisse de productivité, hausse des coûts et stagnation de l’activité, le secteur reste marqué par une instabilité durable depuis les crises successives de 2008 et 2020.
Lire dans son intégralité l’enquête 2024 du Comité National Routier (CNR) sur le transport routier Longue Distance, en cliquant ici
