Bien que dominant le marché, que ce soit en nickel manganèse cobalt ou fer phosphate de fer, les batteries lithium-ion actuelles pourraient être rendues obsolètes par l’arrivée de nouveaux accumulateurs électrochimiques. La Chine s’intéresse déjà aux batteries sodium.
L’arrivée des batteries sodium
Si certaines entreprises travaillent sur les batteries « tout solide » éliminant des électrolytes liquides (comme BlueSolutions développant sa 4ème génération de batteries LMP ou Argylium en France), d’autres envisagent d’autres couples électrochimiques.
L’agence Reuters évoque le retour du sodium. Il y eut par le passé les batteries sodium-soufre dites Zebra mais ces pionnières furent finalement écartées du marché par les lithium-ion NMC et LFP plus faciles à mettre en œuvre. L’histoire pourrait se répéter, cette fois-ci au profit d’une nouvelle génération de batteries sodium-ion.
L’argument mis en avant est triple : ressources minérales à base de sodium et non plus de lithium, insensibilité aux basses températures et meilleure stabilité thermique (ce qui permet d’envisager plus facilement des recharges à haute intensité).
Même en Chine, la dépendance au lithium raffiné est un sujet. Reuters rapporte que 60% des approvisionnements de ce pays en sels de lithium proviennent d’Australie et d’Amérique du Sud (principalement du Chili). Liu Chenguang, chercheur à l’Université Xi’an Jiaotong-Liverpool University à Suzhou (Chine), estime que cela réduit les risques sur la chaîne d’approvisionnement ainsi que sur le prix de revient des batteries. On se souvient qu’en 2020 puis 2021, le prix du lithium s’était emballé suite aux perturbations nées de la crise Covid-19 associée à la hausse de la demande en batteries lithium-ion.
La Chine se déclare prête à industrialiser les batteries sodium-ion
Reuters rapporte que les équipementiers chinois auraient déjà commencé l’industrialisation des batteries sodium-ion, alors que ceux des États-Unis d’Amérique en seraient encore à la phase de développement. CATL aurait ainsi communiqué en février 2026 sur la gamme Naxtra à technologie sodium-ion pour applications automobiles. Elle aurait trouvé des débouchés en véhicules industriels dans une version de 24V utilisée pour alimenter des systèmes stop-start de camions de distribution. Cette fabrication fait suite à l’accord conclu en 2025 avec Li Auto détenteur de brevets sur les batteries sodium-ion.
CATL a parallèlement annoncé que Chang’an Automobile avait signé un contrat pour le marché de la voiture particulière à batteries CATL sodium-ion. Cette même technologie serait déployée pour les stations CATL Choco-Swap d’échange de packs automatisés pour automobiles (512 points d’échanges en Chine à fin août 2025).
Selon Reuters, le fabriquant de batteries, devenu constructeur, BYD serait également en mesure de produire 50 GWh de batteries sodium-ion, après avoir investi massivement dans cette technique au cours de l’année 2025. Un troisième acteur est cité par la dépêche Reuters : HiNa Battery Technology. Une entreprise de taille plus petite, qui aurait également commencé la production d’accumulateurs sodium-ion, en particulier pour des véhicules légers (scooters, automobiles).
Un usage limité ?
Si les possibilités à basse températures intéressent, un obstacle demeure pour les véhicules utilitaires et industriels : la moindre densité énergétique des batteries sodium-ion par rapport aux rivales lithium-ion LFP et, surtout, NMC. Sachant que ce sujet de densité massique est déjà critique pour les véhicules industriels (tare, perte de charge utile, encombrement des packs dans les châssis), cela en limiterait l’usage.
Le prix de vente, attendu pour être significativement moindre à terme, est pour le moment plus élevé. Mo Ke, fondateur de l’institut de recherches RealLi Research, basé à Pékin (Chine) estime que ces prix devraient baisser au fur et à mesure de la montée en cadence de CATL et BYD. Reuters estime pour sa part que le sodium-ion pourrait être privilégié pour les véhicules industriels. HiNa Battery Technology aurait présenté en octobre 2025 un tracteur routier ainsi équipé. Elle annonce travailler avec l’important constructeur King Long, qui aurait également obtenu une homologation en Chine pour un modèle ainsi équipé en mars 2026. L’équipementier annonce des temps de recharge très rapides du fait de la moindre sensibilité thermique de ses accumulateurs.
Cela pourrait entraîner une segmentation fine du marché en fonction des applications, aires géographiques (climats froids en sodium-ion, tropicaux en LMP solide) et besoins de densité énergétique. CATL a d’ores et déjà annoncé une gamme Freevoy Dual-Power Battery associant l’électrochimie lithium-ion et sodium-ion. Ces packs batteries « hybrides » seraient, selon RealLi Research une tendance nouvelle et prometteuse.
D’autres analystes comme Chen Shan, de Rystad Energy, pensent que le sodium-ion sera surtout exploité pour le stockage stationnaire, du fait de cette moindre densité énergétique des packs.
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