À l’occasion de sa conférence annuelle 2026 tenue ce jeudi 12 mars 2026, l’IFP Énergies nouvelles a fait le point sur ses activités académiques, de recherche, et ses projets environnementaux. L’occasion, pour Pierre-Franck Chevet, son P-DG, de rappeler quelques fondamentaux parfois oubliés (ou sciemment occultés).
Objectifs fixés tenus
Malgré des dotations de l’État en baisse (-8% sur le budget de l’IFP Énergies nouvelles), les représentants de l’institution réunis pour la conférence annuelle dans le centre de recherches de Solaize (Rhône) ont tenu à montrer que l’organisme tenait les objectifs fixés. Pour la partie environnement, il a été présenté les travaux sur le captage et l’élimination des PFAS (appelés familièrement « polluants éternels ») et des microplastiques. Sur le sujet des énergies, Pierre-Franck Chevet a fait le point sur l’actualité et sur les programmes de décarbonation.
En 2025, il y eu le démarrage de la première bioraffinerie française (500 millions d’euros d’investissements) à Lacq (Landes) produisant du bioéthanol de 2ème génération. La même année a commencé la construction à Péage-de-Roussillon (Isère) d’une unité de fabrication de résines biosourcées en partenariat avec Michelin. Elle servira à produire colles, résines ou polymères sans formaldéhydes. D’autres projets environnementaux ont été évoqués.
L’occasion pour Pierre-Franck Chevet de rappeler que si les agrocarburants posent des problèmes de concurrence et de captation des ressources primaires, il en est de même avec les énergies solaires et éoliennes : « les énergies renouvelables, ce n’est pas si évident, en particulier à terre ». Les conflits d’usage ou d’artificialisation des sols sont décidément partout. Toujours en 2025, l’IFPEN a créé avec Axens et Syensqo la co-entreprise Argylium travaillant sur des batteries à électrolytes solide applicables aux transports. L’objectif est ici très ambitieux : doubler la densité énergétique des batteries de traction et atteindre les 500Wh/kg de densité massique à l’horizon 2030.
« Le mot souveraineté se réimpose à nous »
Pierre-Franck Chevet a rappelé les enjeux de souveraineté nationale à l’origine de la création de l’IFP en 1945 ; « la souveraineté n’étant pas un synonyme d’indépendance » a-t-il précisé avant d’ajouter « on est dans un temps où le mot souveraineté se réimpose à nous ». Dans son dossier de presse, l’IFPEN rappelle la dépendance aux énergies fossiles entraînant le recours à des matières premières importées. Mais les capacités de raffinage et de transformation sont établies sur le territoire français. Pierre-Franck Chevet a d’ailleurs insisté sur le respect par la France des bonnes pratiques visant à garantir les volumes de stocks stratégiques et à diversifier les approvisionnements.
Lors de la conférence de presse, il a surpris l’auditoire en signalant que l’électrification et les énergies bas-carbone induisent de nouvelles dépendances : à la fois face aux matières premières et face aux chaînes technologiques. Des chocs d’approvisionnements sont possibles (par exemple le contrôle des terres rares avec la Chine) ; à cela s’ajouteraient les risques sur la perte de maîtrise industrielle. Sur les approvisionnements en matériaux : « La Chine nous tient dans ses mains » a-t-il alerté, évoquant sa domination sur les filières de raffinage et de traitement des métaux requis pour l’électrification.
La Chine en avance sur les électrolyseurs à hydrogène
Le tableau n’est pas meilleur pour l’hydrogène : « ils sont leaders mondiaux pour les électrolyseurs » a-t-il constaté. Selon lui, les leviers pour compenser ces handicaps sont l’innovation technologique et le développement d’une production nationale et européenne. Éléments auxquels il faut ajouter la diversification des approvisionnements. La Chine semble accroître son activité de publications scientifiques alors que les USA sont en fort déclin sur ce critère.
L’IFPEN se félicite toutefois d’être, avec le CEA et le CNRS, dans le Top 10 des institutions avancées dans le domaine des technologies bas carbone dans le classement mondial établi par l’Agence internationale de l’énergie (AIE). L’actualité de ce mois de mars 2026 étant l’attribution du prix Environmental achievement-Industry contribution lors du salon international Tire Technology Expo 2026 à Hanovre (Allemagne Fédérale) récompensant le procédé BioButterfly de bio-butadiène associant l’IFPEN, sa filiale Axens et Michelin. Axens ayant pour sa part repris en février 2026 la totalité du contrôle d’Eurecat, une société spécialisée dans la régénération et le recyclage des catalyseurs.
La prochaine étape étant le développement de nouveaux procédés de recyclage pour obtenir des métaux de réemploi « de qualité batterie ». Une illustration concrète de la souveraineté évoquée par Pierre-Franck Chevet.
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