Face aux perturbations provoquées par la guerre au Moyen-Orient, l’armateur français CMA CGM a décidé d’adapter son organisation logistique. L’entreprise prévoit désormais de transporter ses conteneurs par voie terrestre, en utilisant des camions à travers l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Cette stratégie permet de continuer à approvisionner ses clients situés au Koweït, à Bahreïn, au Qatar et aux Émirats, alors que les navires ne peuvent plus accéder à ces zones en raison du blocage du détroit d’Ormuz.
Des corridors routiers pour relier les flux commerciaux
Pour maintenir la continuité de ses activités, CMA CGM s’appuie sur le port de Jeddah Islamic Port, situé sur la mer Rouge. Ce port devient un point d’entrée clé pour les marchandises en provenance de Chine et d’Asie, permettant de contourner les zones maritimes à risque tout en assurant la fluidité des livraisons vers le Moyen-Orient.
Un dispositif terrestre a été mis en place entre Jeddah et Dammam, à l’est de l’Arabie saoudite. Ce corridor routier permet non seulement de contourner par camions le détroit d’Ormuz, mais aussi de relier les échanges entre la Méditerranée et l’Asie sans exposition directe à cette zone stratégique devenue instable.
Des ports du Golfe rendus inaccessibles
Jusqu’à présent, les flux de marchandises transitaient principalement par des ports situés au nord du détroit d’Ormuz, comme Jebel Ali Port, Khalifa Port et Port of Sharjah. Toutefois, la quasi-fermeture du détroit liée au conflit a rendu ces infrastructures inaccessibles aux porte-conteneurs, bouleversant les routes maritimes traditionnelles.
Pour faire face à cette situation, CMA CGM utilise désormais des ports situés au sud du détroit d’Ormuz, notamment Port of Khor Fakkan, Port of Fujairah et Port of Sohar. Ces points d’entrée permettent ensuite d’acheminer les marchandises par la route vers leur destination finale, assurant ainsi la continité des chaînes logistiques.
Extension des routes vers l’Irak et la Turquie
L’armateur développe également des itinéraires alternatifs pour desservir l’Irak. Des liaisons routières sont organisées depuis le port d’Port of Aqaba en direction de Bagdad et Bassorah, tandis que le port de Port of Mersin est mobilisé pour approvisionner le nord du pays. Ces solutions renforcent la résilience du réseau logistique dans un contexte régional particulièrement instable.
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