Il y a des colères qui grondent, et d’autres qui éclatent. Celle des transporteurs est en train de basculer de l’une à l’autre. À force d’être baladée, ignorée puis reçue du bout des lèvres, toute une profession a le sentiment d’avoir été reléguée sur la bande d’arrêt d’urgence.
La réunion du 17 mars entre le ministre des transports, Philippe Tabarot et les fédérations du secteur n’aura été, au mieux, qu’un coup d’épée dans l’eau. Arrivés en dernier après l’aérien et le maritime, reçus in extremis, les transporteurs repartent les mains vides.
Et pourtant, ce ne sont pas des revendications hors sol qui ont été mises sur la table. Bien au contraire, des mesures de bon sens, taillées pour l’urgence : aides ciblées, bouffée d’oxygène pour la trésorerie, mécanismes d’adaptation aux prix du carburant. Bref, de quoi éviter que la machine ne cale.
En face, que répond le gouvernement ? Des études, encore des études. Des pistes, toujours des pistes. À croire que l’on cherche à gagner du temps quand le secteur, lui, est déjà à bout de souffle. Car pendant que l’administration tergiverse, les comptes plongent dans le rouge vif et les dernières marges fondent comme neige au soleil.
Il faut appeler un chat un chat : à ce stade, l’exécutif donne le sentiment de regarder passer le train. Or, dans le transport routier, quand le moteur cale, c’est toute l’économie qui ralentit. Continuer à temporiser, c’est jouer avec le feu.
L’heure n’est plus aux consultations à répétition ni aux promesses en trompe-l’œil. Elle est à l’action. Faute de quoi, la colère des transporteurs pourrait bien se transformer en crise ouverte et cette fois, il sera trop tard pour faire marche arrière.
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