Selon les données publiées lundi par l’Union française des industries pétrolières, le prix du gazole en France enregistre une baisse pour la deuxième semaine consécutive. En l’espace de quinze jours, le litre a reculé de 15 centimes, traduisant un léger soulagement pour les transporteurs après une période de forte hausse.
Prix de l’essence stable
Contrairement au gazole, le prix de l’essence ne suit pas cette tendance à la baisse et demeure globalement stable. Cette différence d’évolution s’explique notamment par des dynamiques distinctes sur les marchés de raffinage et de distribution entre les deux carburants.
Sur la période allant du 20 au 24 avril, le prix moyen du litre de gazole s’établissait à 2,16 €, contre 2,24 € la semaine précédente. Cela correspond à une diminution de 3,5 %, confirmant une tendance baissière amorcée récemment, même si les prix restent à un niveau historiquement élevé.
Approvisionnement en stations-service
Malgré cette baisse, des tensions persistent dans l’approvisionnement. Environ 17 % des stations-service en France, soit près de 1 700 établissements, sont confrontées à des ruptures partielles de carburant. Néanmoins, le président Emmanuel Macron se veut rassurant et estime que la situation actuelle ne laisse pas envisager de pénurie généralisée à court terme, soulignant que les stocks ont permis d’absorber le surplus de demande.
Le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, adopte une position plus prudente. Il met en garde contre un risque de pénurie énergétique si les tensions sur l’approvisionnement devaient se prolonger encore deux à trois mois. Une telle situation pourrait rapprocher l’Europe des difficultés déjà rencontrées dans certains pays asiatiques, où les contraintes d’accès aux ressources énergétiques sont plus marquées.
Contexte du marché pétrolier
Dans ce contexte, l’analyse de Philippe Charlez, , expert en question énergétique, met en lumière un marché pétrolier toujours sous tension. Le prix du baril de Brent évolue actuellement dans une fourchette comprise entre 95 et 105 dollars. Si le niveau d’inquiétude reste comparable à celui observé un mois plus tôt, il reflète néanmoins une incertitude persistante liée aux équilibres fragiles entre l’offre et la demande à l’échelle mondiale.
Selon cet expert, le premier indicateur d’un déséquilibre durable serait une hausse des prix, signe d’un manque d’approvisionnement physique. Les pays d’Asie du Sud-Est seraient particulièrement vulnérables, en raison de leur dépendance importante au pétrole en provenance du Moyen-Orient et de contraintes géographiques qui limitent leurs alternatives. À terme, un déficit d’offre pourrait non seulement entraîner une augmentation généralisée des prix, mais également déboucher sur des pénuries physiques dans certaines régions, si les flux d’approvisionnement ne se stabilisent pas rapidement.







