Passée relativement inaperçue, la décision devrait pourtant satisfaire le secteur du transport routier. Dans le cadre du paquet automobile de l’Union européenne, adopté mardi par la Commission européenne, les poids lourds ont finalement été exclus de la proposition visant à verdir les flottes d’entreprises. Une inflexion notable par rapport aux intentions initiales de Bruxelles, qui prévoyaient des obligations d’achat de véhicules zéro émission pour les entreprises de transport.
Un choix jugé réaliste par l’IRU
Cette exclusion est saluée par l’Union internationale des transports routiers (IRU), très mobilisée contre l’instauration de quotas de camions zéro émission. Pour l’organisation, la décision de la Commission reflète une prise en compte des réalités du terrain.
« Exclure les poids lourds de l’écologisation des flottes d’entreprises reflète une évaluation réaliste des conditions actuelles du marché, des infrastructures et des opérations dans le segment des véhicules lourds, où le déploiement à grande échelle de véhicules zéro émission reste freiné par la disponibilité des bornes de recharge, la capacité du réseau, le coût de l’énergie et l’adéquation des véhicules à de nombreux usages », a déclaré Raluca Marian, représentante de l’IRU.
Des ajustements réglementaires encore jugés insuffisants
L’IRU prend également acte des amendements ciblés introduits par la Commission afin de rassurer les constructeurs sur les questions de conformité et sur le niveau des amendes potentielles à l’horizon 2030. Si ces clarifications vont dans le bon sens, elles ne suffisent toutefois pas, selon l’organisation, à lever l’ensemble des inquiétudes du secteur.
Vers une révision des objectifs CO₂ pour les poids lourds ?
Le secteur du transport routier attend désormais une révision des objectifs de réduction des émissions de CO₂ applicables aux poids lourds. L’IRU plaide pour que cette révision soit « synchronisée avec celle des voitures et des fourgonnettes », afin de garantir une cohérence globale des politiques européennes de décarbonation.
L’organisation internationale a déjà entamé des échanges avec d’autres acteurs du transport sur cette question sensible. Une première réunion s’est tenue mardi, le jour même de l’adoption du paquet automobile par la Commission européenne. De leur côté, les constructeurs de poids lourds, moins favorables à une révision des objectifs CO₂, ont mis en place un groupe de travail dédié à Bruxelles afin de défendre leur position.
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