EDITO HERVE REBILLON

EDITO de Hervé Rébillon : faut-il avoir peur des chinois ?

La perspective de l’arrivée de gammes de poids lourds électriques chinois n’a jamais suscité une aussi grande inquiétude. Les récentes nouvelles ne sont guère encourageantes. Windrose, en effet, vient de sceller un partenariat avec Decathlon pour introduire un poids lourd électrique sur les routes françaises. Reste à voir s’il obtiendra l’autorisation de circuler.

D’un point de vue technologique, les Chinois ont eu l’opportunité de perfectionner les camions électriques. Des milliers sont déjà en circulation dans le pays, avec une multitude de constructeurs offrant différents modèles.

La bataille se jouera sur le prix des véhicules. Il est très probable que, lorsqu’ils seront commercialisés, les Chinois proposeront des camions électriques à des prix compétitifs.

Deux obstacles significatifs demeurent. Premièrement, il y a la question de l’homologation des véhicules. Les autorités pourraient entraver l’arrivée des véhicules étrangers. Cependant, la révision de la directive sur les poids et dimensions, permettant l’utilisation de véhicules plus adaptés aux nouvelles énergies, pourrait jouer en faveur des Chinois. En d’autres termes, nous pourrions nous-mêmes leur ouvrir la porte.

Le seul véritable obstacle, susceptible d’influencer les prix, réside dans les droits de douane que Paris a choisi d’augmenter en urgence pour les voitures, et qu’il envisage également d’appliquer aux véhicules industriels.

Pour compenser une éventuelle augmentation des droits de douane, les voitures chinoises pourraient tirer parti du bonus écologique. Pour y être éligibles, la production doit être localisée en Europe. MG et BYD ont annoncé la construction d’usines dans les mois à venir. Cependant, compte tenu du délai imparti, certains acteurs chinois envisagent de nouer des partenariats pour bénéficier de ces bonus. Si le principe de bonus est étendu aux camions, les fabricants chinois pourraient suivre cet exemple.

La guerre des prix devrait être encore plus rude si on prend le pire scénario : un ou plusieurs constructeurs européens pourraient baisser le prix de leurs camions électriques pour doper les ventes et ce, afin d’atteindre les objectifs CO2 imposés et donc éviter de régler les amendes. A suivre.