
Après une première vague de modèles hybrides, tant en autobus qu’en camions, l’hybridation semble être passée de mode. Elle pourrait toutefois faire son grand retour sur les véhicules lourds. Après Scania, c’est au tour de ZF de présenter ses travaux.
L’hybridation pour la longue distance
Dénigrée par certaines « ONG » acharnées à promouvoir la seule électromobilité à batteries, l’hybridation dans les véhicules lourds pourrait revenir très prochainement dans l’offre des constructeurs. Cette fois-ci, appliquée aux gammes de grands routiers longue distance, que ce soit autocars ou tracteurs routiers. La motivation est liée à la réduction des émissions de CO2 des véhicules industriels neufs exigée à l’échéance 2030.
Exemple typique : Scania, qui, après avoir présenté une gamme d’hybrides rechargeables associés aux gammes P et G et aux moteurs 6 cylindres de 6.7 litres d’origine Cummins et 5 cylindres Scania de 9 litres, a remplacé ceux-ci par une hybridation du même type sur les châssis K à silhouettes 6×2 destinés aux autocars à moteurs Scania Super DC13.
Exit le « downsizing », désormais l’hybridation vise les fortes puissances et la longue distance. Cette nouveauté a surpris pas mal d’observateurs lors du salon Busworld Europe de 2025. L’équipementier ZF emboîte le pas ce mois de mars 2026 en présentant à la presse spécialisée ses travaux sur la ZF TraXon 2 Hybrid.

Scania rejoint par ZF
Avec la présentation ce printemps 2026 de ses travaux autour de l’hybridation des véhicules lourds, ZF confirme que l’hybride redevient un sujet d’actualité. L’argument massue : avec un pack de 200kWh embarqué, il est possible de réduire les émissions de CO2 de -47% en application longue distance. Avec 100kWh embarqués, le gain serait de -28% sur les émissions CO2 dans l’outil Vecto. Ceci moyennant un surcoût de 25% par rapport à un tracteur grand routier diesel Euro VI-E (à comparer aux 100% et plus d’un modèle batteries doté de 400 à 500kWh embarqués).
Le parallèle entre ZF et Scania est intéressant : il s’agit ici d’électrifier les gammes lourdes dédiée à la longue distance. Précisément les applications aujourd’hui inaccessibles aux modèles dotés exclusivement d’accumulateurs électriques. C’est pour cette raison que ZF cible les tracteurs et les autocars grands-routiers. Il s’agit d’une hybridation parallèle dite P2, avec la machine tournante électrique placée entre embrayage et boîte de vitesses. Pour celle-ci, ZF a repris des éléments de la ZF CeTrax Dual (connus de la gamme haute des motorisations des DAF électriques à batteries) pour une puissance électrique de 225kW en crête et 190kW en continu. Le couple peut aller jusqu’à 2800Nm en entrée de boîte. ZF a intercalé la machine tournante dans une boîte robotisée ZF TraXon 2 conservant ses 12 rapports ainsi que la disponibilité les options de prises de force et ralentisseur hydrodynamique Intarder 3 (accroissement en longueur hors-tout de 310 mm).
De quoi rassurer et séduire constructeur et carrossiers. Pas de changement non plus pour les packs batteries, ce qui fera plaisir aux constructeurs ayant investi dans l’assemblage de ceux-ci.
Bénéfices manifestes en autocars mais marché majoritairement poids-lourds
Le bénéfice pratique pourrait être encore plus significatif en autocar, notamment pour l’accès aux centres-villes en mode « zéro émissions » ou en attente des clients, climatisation à pleine puissance.
Cependant, les équipes marketing de ZF s’attendent surtout à ce que les volumes soient faits dans le transport de marchandises. La ZF TraXon 2 Hybrid fonctionne déjà sur un démonstrateur et son industrialisation pourrait se fait à moyen terme (entre fin 2028 et 2029), ce qui coïnciderait avec l’échéance 2030 des objectifs de décarbonation mesurés via VECTO. C’est surtout une belle opportunité pour électrifier des usages qui ne peuvent l’être aujourd’hui pour des questions de cout, d’autonomie, de masse, d’encombrement ou de complexité d’exploitation.
Bien qu’il s’agisse encore d’un prototype, la brève découverte du tracteur routier ainsi équipé promet d’offrir le meilleur des deux mondes aux conducteurs, en particulier à basses vitesses, manœuvres ou circulation dans les bouchons.
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