Le ministère des Transports a détaillé en fin de semaine dernière les mesures de son plan d’électrification, qui entreront en vigueur le 1er juin prochain. Ce dispositif prévoit notamment une forte revalorisation des aides à l’achat pour les véhicules utilitaires légers (VUL) et les poids lourds, jusqu’à 100 000 euros pour ces derniers.
Véhicules utilitaires légers (VUL) : des aides renforcées
Le ministère souligne que le taux d’électrification des VUL reste encore largement inférieur aux objectifs fixés par la Stratégie nationale bas-carbone, qui vise 51 % d’ici 2030. Parmi les principaux freins figure le coût d’acquisition plus élevé des modèles électriques par rapport aux versions thermiques.
Pour y remédier, les aides à l’achat seront fortement augmentées à partir du 1er juin. Le soutien, via les fiches CEE, pourra atteindre jusqu’à 9 500 euros pour les plus grands utilitaires électriques. Cette aide sera toutefois conditionnée à une fabrication des véhicules en Europe.
Ce dispositif s’adresse aux artisans et professionnels, que ce soit pour l’achat ou la location d’un véhicule utilitaire électrique neuf.
Le ministère illustre cette mesure avec l’exemple d’un artisan (électricien ou plombier) parcourant environ 22 000 km par an : grâce à l’électrique, il pourrait réduire de deux à trois fois ses dépenses énergétiques annuelles. Les aides renforcées permettraient par ailleurs de couvrir environ 60 % du surcoût initial du véhicule.
Poids lourds : une aide dépassant 100 000 euros
Comme annoncé précédemment par le Premier ministre, les aides à l’achat pour les poids lourds seront également fortement revalorisées dès le 1er juin.
Pour les tracteurs routiers, le soutien dépassera désormais 100 000 euros, contre 60 000 euros auparavant. Concernant les porteurs, l’aide spécifique à l’électrification sera doublée, avec une condition de fabrication en Europe.
Selon le ministère, ce renforcement permettra d’atteindre un seuil de rentabilité face au diesel autour de 85 000 km par an, soit le kilométrage moyen observé en France. Dans ce contexte, les économies d’exploitation pourraient atteindre jusqu’à 15 000 euros par an, notamment sur le carburant et la maintenance.
Déploiement des infrastructures de recharge
Le plan prévoit également un important volet dédié aux infrastructures de recharge. Pour les véhicules légers, l’objectif est de multiplier par cinq le nombre de points de recharge sur le réseau routier national d’ici 2035, pour atteindre environ 22 000 bornes.
S’agissant des poids lourds, 8 000 points de recharge sont prévus. Ils combineront des bornes ultra-rapides pour les arrêts courts et des solutions plus lentes adaptées aux pauses nocturnes. Ces installations seront réparties sur environ 560 aires du réseau routier.







