L’UFIP Énergies & Mobilités a publié les données de consommations de carburants et combustibles liquides pour la France en 2024. La consommation de gazole, s’affiche en baisse, principalement en raison de la réduction de la part de marché des motorisations Diesel en voitures particulières.
Un recul du à la baisse des voitures diesel
La France aura consommé 47.8 millions de m3 de carburants liquides en 2024. Le gazole a représenté 69% de ce volume (contre 71% en 2023). Ce recul est essentiellement dû à la chute de part de marché des voitures à moteur Diesel. Si ces chiffres apparaissent impressionnants, l’IFIP Énergies & Mobilités rappelle qu’en consommant 0,9 million de barils de pétrole brut par jour, la consommation française correspond à moins de 1 % de la consommation mondiale.
Pendant ce temps, dans le monde on extrayait 103 millions de barils de pétrole brut par jour en 2024. L’Amérique du Nord (USA, Canada) a assuré 29% de cette production, quand le Moyen-Orient en assurait 28%. Suit la Russie (à hauteur de 12%), l’Asie et l’Océanie 11% puis l’Amérique Latine (10%) et enfin l’Afrique (7%) puis l’Europe (3%).
Pour ses importations de produits pétroliers, la France a fait appel à hauteur de 38% aux ressources de l’Afrique, 23% d’Amérique du Nord puis de façon équitable (à hauteur de 13%) aux importations du Moyen-Orient, de l’Europe et d’Amérique Latine. Des proportions qui changent sensiblement si l’on prend comme seul critère les importations de gazole : elle compte à 50% sur les raffineries européennes, 28% sur le Moyen-Orient, 12% les Amériques (Nord et Sud) puis à hauteur de 10% à l’Asie.
Un déséquilibre toujours présent autour du gazole
Le déséquilibre entre gazole et essences fait que la France continue d’importer plus de la moitié de sa consommation de gazole. Cela malgré un outil industriel encore relativement dense puisque comptant toujours 7 raffineries : Lavéra (Petroineos), Fos-sur-Mer (Rhône Énergies), Donges, Feyzin et Gonfreville (TotalEnergies), Gravenchon (Esso) plus la SARA en Martinique et deux unités traitant des ressources renouvelables (La Mède pour 0.5Mt/an et Grandpuits pour 0.4Mt/an, exploitées par TotalEnergies). L’UFIPEM insiste sur la répartition géographique singulière propre à la France puisque les ports d’importation en pétrole brut et en gazole sont présents sur 3 de ses façades maritimes (Méditerrannée, Atlantique, Manche).
Les produits sont ensuite stockés via un maillage de 200 dépôts secondaires alimentés par barges, embranchements ferrés et, à 51 % des volumes, par oléoducs. Ces capacités de stockages stratégiques correspondent à 3 mois de consommation.
De la production des bioraffineries
L’UFIPEM rappelle que la transition en cours amène des changements dans l’exploitation des raffineries, qui seront de plus en plus propriété ou exploitées conjointement par plusieurs investisseurs. Pour les bioraffineries destinées à produire les fameux SAF pour le transport aérien, l’UFIPEM rappelle que leur production induira de fait 10 à 15% de naphta et d’essences, 55 à 60% de SAF (ou carburéacteur biosourcé) 20 à 25% de gazole de synthèse et moins de 5% d’autres produits de pétrochimie biosourcée. Elles sont alimentées par des huiles végétales et graisses animales, de la biomasse et des déchets et résidus de matières grasses et huiles usagées.
Les intrants requis pour ces productions de biocarburants ont été assurés à hauteur de 35% par des produits français, 39.2% par des imports européens, puis à 6.2% par l’Asie, 4.9% par l’Océanie, 4.1% par l’Amérique du Sud, 3.5% l’Amérique du Nord et 0.6% par l’Afrique et le Moyen-Orient. Cette production de SAF sera bienvenue pour la balance des paiements du pays car la France est « très dépendante de ses importations de gazole et carburéacteur en 2024 » (sur 8.2Mm3 de Jet A-1 consommés, elle a importé 7.3 Mm3 ; pour les gazole, GNR et fioul domestique, elle a en consommé 42.5Mm3 tout en important 25.1Mm3). Les biocarburants ont contribué, sur la production 2024 à éviter environ 10 millions de tonnes d’équivalent CO2 en 2024.

