Une

Le passage à GSR-II C, moins anodin qu’il n’y paraît

Si le passage à GSR-II fut pour les constructeurs motoristes une échéance majeure en juillet 2024, son extension en juillet 2026 à tous les véhicules neufs, moteurs ou remorqués, a des conséquences importantes pour toute la filière, des équipementiers aux ateliers.

Des outils pour les mises à jour

L’extension du règlement UNECE 156 à tous les véhicules neufs, moteurs comme remorqués à partir du mois de juillet 2026 dans le périmètre de l’UE met toute la filière sous pression. Au point que le géant allemand ZF a développé un outil numérique et informatique appelé SUMS Service Suite à destination de toutes les parties prenantes : équipementiers, constructeurs intégrateurs, réseaux d’après-vente et ateliers.

En effet, ce règlement UNECE 156 s’applique à tout véhicule possédant un ou des logiciels ou programmes pouvant être mis à jour par l’intervention d’un technicien, soit directement sur le véhicule ou à distance (alias Over the Air).

Si « les fournisseurs de composants ne sont pas directement impactés par ce règlement, [ils] devront mettre à disposition du constructeur du véhicule leurs procédures internes de suivi et de gestion des mises à jour des logiciels présents dans ces composants » précise Baptiste André, responsable technique au cabinet Martin 3D.

C’est d’ailleurs une des fonctionnalités du fameux ZF SUMS Service Suite que le groupe commercialise en 2026. En tant que fournisseur de rang 1 certifié ISO 24089 pour les constructeurs de remorques, ZF annonce mettre à disposition des mises à jour logicielles prêtes pour l’audit en tant que système évolutif tout au long du cycle de vie, conformément aux exigences réglementaires. Si le service s’appelle Service Suite c’est parce qu’il inclut ZF Scalar Software Manager et ZF [pro]Diagnostics. Le premier permet un pilotage centralisé des mises à jour logicielles sur toutes les configurations de véhicules, tandis que le second s’adresse aux ateliers en assurant la traçabilité (bonne exécution des mises à jour logicielles normalisées, sécurisées et documentées).

Les constructeurs en première ligne

Le respect du règlement UNECE 156 est donc de la responsabilité du constructeur du véhicule (qu’il s’agisse d’un véhicule moteur ou d’un véhicule remorqué) en tant qu’utilisateur de composants intégrant des logiciels ou des programmes électroniques. Alors que les fournisseurs continuent à développer des progiciels, les constructeurs deviennent pour leur part responsables de l’approbation, de la publication, de la documentation et de la preuve de chaque mise à jour logicielle.

« L’approbation permet aux véhicules de circuler, mais la conformité continue les y maintient », explique le Dr. Peter Bruns, ingénieur d’application de lancement de remorque et expert SUMS au sein de la division Solutions pour véhicules utilitaires de ZF. « UNECE R156 change fondamentalement la façon dont les mises à jour logicielles sont gérées » est-il précisé par ZF.

Tous les constructeurs de véhicules remorqués n’ont pas les moyens techniques et humains pour concevoir, tester et homologuer leurs véhicules suivant les exigences de ce règlement. Cela peut aussi prendre du temps sachant que les organismes certificateurs ne sont pas nombreux. 

En France, le service technique accrédité pour ce règlement est l’UTAC. « Le principal investissement que demandera cette réglementation sera un investissement humain pour mettre en place le système qualité permettant de tracer et d’assurer le suivi des mises à jour des logiciels présents dans les véhicules. Une modification de la programmation des logiciels peut toutefois être nécessaire afin que celui-ci intègre un code de version voire une gestion de version et des mises à jour » précise Baptiste André.

La récurrence des coûts

Un audit de certification sera nécessaire pour qu’un constructeur de véhicule obtienne un certificat de conformité. Conformément au point 9.1.2 du règlement, des audits de suivi tous les 3 ans seront également nécessaires pour conserver la certification.

Conformément à l’alinéa 7 de l’article 2 du règlement EU 2022/2236, ce règlement entre en vigueur en juillet 2026 pour les véhicules ayant une homologation par type de « véhicule complet ». Ce véhicule étant soumis à une homologation par type (série), les constructeurs doivent avoir anticiper pour ne pas avoir d’interruption de production. Mais cela ne s’applique pas, selon ZF, aux véhicules en réception à titre isolé.

Baptiste André ajoute que « les carrossiers et constructeurs de véhicule seconde étape, dit « complété », seront concernés par ce règlement qu’à partir du juillet 2029, conformément à l’alinéa 8 de l’article 2 du règlement EU 2022/2236 ».

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *