Réunis à Genève ce 1er juin 2026, les membres de l’IRU ont adopté à l’unanimité une résolution demandant la création d’un mécanisme de gestion des crises énergétiques. L’organisation internationale estime qu’une coopération étroite entre les gouvernements et les transporteurs routiers est indispensable pour anticiper et gérer les situations d’urgence susceptibles de menacer l’approvisionnement et la mobilité.
Un secteur particulièrement vulnérable
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par les conséquences du conflit au Moyen-Orient, qui a fortement perturbé les marchés de l’énergie et les routes commerciales internationales. Pour le transport routier, l’impact de la hausse des prix est accentué par les droits d’accise et la TVA appliqués aux carburants.
La situation est d’autant plus préoccupante que plus de 90 % des entreprises du secteur sont des PME fonctionnant avec des marges très faibles, généralement comprises entre 1 % et 3 %, ce qui limite leur capacité à absorber des augmentations soudaines des coûts.
Des mesures immédiates pour stabiliser le marché
L’IRU considère qu’une crise énergétique se manifeste notamment lorsqu’une hausse de 10 % du prix des carburants survient en une semaine ou lorsque la volatilité dépasse 10 % en une seule journée. Dès l’apparition de tels signaux, l’organisation recommande aux gouvernements de garantir l’accès aux produits raffinés grâce à la mobilisation des réserves stratégiques de pétrole, de réduire temporairement la fiscalité sur les carburants destinés au transport routier et de limiter les fluctuations excessives des prix. Elle souligne également l’importance de préparer des plans d’urgence en concertation avec les professionnels du secteur.
Un soutien renforcé si la crise se prolonge
Dans l’hypothèse d’une crise durable, l’IRU préconise la mise en place d’un dispositif exceptionnel d’aide publique afin d’apporter un soutien financier aux transporteurs les plus touchés. Elle recommande également de faciliter l’accès à des prêts de trésorerie à faible taux d’intérêt par l’intermédiaire des banques nationales de développement et de déployer des plans spécifiques pour sécuriser l’approvisionnement en carburants et en additifs en cas de pénurie.
Renforcer la résilience à long terme
Au-delà des mesures d’urgence, l’organisation défend une approche structurelle visant à renforcer la résilience des réseaux de mobilité et des chaînes d’approvisionnement. Elle propose notamment la création d’un mécanisme permanent d’indexation des prix des carburants, accompagné d’un observatoire chargé de surveiller l’approvisionnement. L’IRU plaide également pour une harmonisation de la fiscalité professionnelle sur les carburants, le développement des carburants alternatifs, en particulier ceux issus de sources non fossiles comme le biodiesel, ainsi que pour des politiques encourageant le recours aux transports collectifs plutôt qu’à la voiture individuelle.
Par cette résolution, l’IRU cherche à préserver la continuité des services de transport routier, indispensables au fonctionnement des économies et des chaînes logistiques. L’objectif est de doter les États et les acteurs du transport d’outils capables de répondre rapidement aux crises tout en préparant une transition vers un système plus résilient et moins dépendant des énergies fossiles.







