Nommé hier ministre délégué chargé des Transports dans le gouvernement Bayrou, Philippe Tabarot, Sénateur LR des des Alpes-Maritimes, succède à François Durovray et arrive avec une ambition affirmée : moderniser et redynamiser les infrastructures de transport en France. Mais qui est cet homme, jusque-là relativement discret, qui prend aujourd’hui les commandes d’un portefeuille stratégique ?
Un ancrage cannois
Âgé de 54 ans, Philippe Tabarot est un enfant du Sud. Originaire de Cannes, il a grandi dans une famille engagée en politique (une sœur députée LR des Alpes-Maritimes). Il a plongé dès son plus jeune âge dans l’univers des collectivités territoriales et des dossiers publics. Diplômé en droit public, il a débuté sa carrière en tant que conseiller municipal à Cannes avant de gravir les échelons jusqu’à devenir vice-président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, où il était chargé des transports aux côtés de Christian Estrosi.
Elu Sénateur en 2021, il quitte son siège de vice-président, mais conserve sa délégation aux transports.
C’est dans cette région qu’il a acquis une réputation de gestionnaire pragmatique. Le Sénateur aussi administrateur du GART s’est illustré par son implication dans des projets comme le développement des lignes TER, la promotion de la mobilité douce, et la modernisation des infrastructures routières, toujours avec une attention particulière aux besoins des territoires ruraux. Il va jusqu’à réclamer un milliard d’euros d’investissements chaque année pour moderniser le rail. Il milite également pour l’ouverture à la concurrence du secteur ferroviaire et souhaite doubler la part du fret en France d’ici à 2030.
Au Sénat, il est l’un des rapporteurs du budget des transports et du projet de loi portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets. Il est également membre du conseil d’administration de l’Agence de financement des infrastructures de transport de France.
Sur le transport routier, le nouveau ministre s’est peu exprimé. Il n’a pas caché dernièrement sa position sur le passage de 40 à 44T des camions pour les flux transfrontaliers et sur les mégacamions qu’il apprécie peu : « On pourrait craindre de voir se former de grands corridors transfrontaliers avec la France où ces camions plus lourds circuleraient, au détriment du rail et avec de potentiels impacts sur les infrastructures » a-t-il indiqué en mars dernier dans une lettre adressée au ministre des transports de l’époque François Durovray. On l’a cimpris, il apparait plus comme un défenseur du ferroviaire et du fluvial.
Un ministère sous pression
Le portefeuille des Transports est loin d’être une sinécure. Entre les attentes des usagers (pour le transport public) et celles des transporteurs de marchandises et de voyageurs, Philippe Tabarot hérite d’un ministère sous tension. Son approche ? La concertation. Connu pour son sens de l’écoute et sa capacité à rassembler des interlocuteurs aux intérêts divergents.
Il est certain que parmi ses priorités figureront la relance du fret ferroviaire, la décarbonation des transports collectifs et une meilleure coordination des réseaux à l’échelle nationale. Quelle place donnera-t-il au transport routier de marchandises ?
Un homme de dossiers, mais aussi de terrain
Ce que ses collaborateurs soulignent avant tout, c’est son pragmatisme. Philippe Tabarot n’est pas seulement un théoricien des mobilités : il aime se rendre sur le terrain pour comprendre les réalités locales. Ses déplacements risquent d’être nombreux, il ne faudra pas qu’il oublie que sa fonction est désormais nationale.
Petite anecdote : Philippe Tabarot a appris son entrée au sein du nouveau gouvernement en direct à la TV ! « Je savais que mon nom circulait mais je n’avais eu aucune confirmation. » avant d’ajouter : « J’ai regardé comme des millions de Français Alexis Kohler annoncer la liste du gouvernement sur le perron de l’Élysée. » Ce qui parait surréaliste.
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