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La FNAUT renoue avec un profil consensuel et politiquement correct

Le vendredi 10 avril, la FNAUT (Fédération nationale des associations d’usagers des transports) a communiqué sur le nom de son nouveau président national : Michel Quidort. Un profil plus consensuel, et plus en ligne avec la doctrine pro-ferroviaire de l’association.

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Mettant en avant le profil de Michel Quidort, ayant fait toute sa carrière dans le transport de voyageurs chez Veolia puis Transdev et également président de Fédération européenne des voyageurs (FEV) jusqu’à la fin de son mandat le 18 avril 2026, la FNAUT nationale semble vouloir tourner la page de la présidence de François Delétraz. 

Bien que candidat à sa propre succession, ce dernier n’a pas été réélu lors de l’Assemblée générale du 28 mars 2026 (malgré 73% de votes en sa faveur) et n’apparaît plus comme membre du Bureau national élu le 10 avril 2026.

Parmi les vice-présidents reconduits, on note la présence de Alain Richner, ancien directeur du réseau de bus de Versailles. Lequel a poursuivi sa carrière chez Keolis après le rachat de Cariane.

Avec Michel Quidort, il s’agit de profils très institutionnels que l’on verrait davantage à l’UTPF (Union des transports publics et ferroviaires). Selon le service de presse de la FNAUT, François Delétraz « reste pour le moment représentant de la FNAUT au Comité économique social et environnemental (CESE) et au Conseil d’orientation des infrastructures (COI). » Le communiqué officiel rappelle le rôle qu’il a eu pour ouvrir la FNAUT à des sujets de transports publics autres que ferroviaires. Il est également évoqué son engagement à faire de l’association une référence auprès des médias ce qui aurait également contribué à une intensification du dialogue institutionnel. Mais à ce jeu des institutions Michel Quidort peut s’enorgueillir des liens établis entre les associations d’usagers et la Commission européenne.

Un président qui dérangeait

Quelques indices expliquant le scrutin apparaissent dans le verbatim de Michel Quidort après son élection : « Je vous propose d’assurer [la présidence] en travaillant collégialement avec les bonnes volontés qui se proposeront, au premier rang desquelles le Président d’honneur Bruno Gazeau, les Présidents régionaux de la Fnaut et ses Vice-présidents ainsi qu’avec l’équipe des salariés ».

Ajoutez-y en fin de communiqué de presse la référence à la prise en compte des « mobilités douces « Présidences régionales des FNAUT et mobilités douces, deux clefs majeures pour comprendre l’éviction de François Delétraz. Sa franchise apportait un vent d’air frais dans un monde pollué par les « éléments de langage » ; cela lui a valu des qualificatifs haineux sur certains réseaux (dits) sociaux. Son ouverture à tous les transports de voyageurs, incluant l’aérien et les services par autocars, a probablement troublé une FNAUT culturellement très ancrée dans le mode ferroviaire, souvent associée à fortes affinités avec la SNCF. Certaines positions de François Delétraz, sur la balkanisation des services ferroviaires régionaux de voyageurs ou la baisse des vitesses commerciales des autobus seront à l’origine d’oppositions féroces dans les exécutifs de certaines régions ou dans le cercle des promoteurs des « modes doux ».

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