Ghislain Arsenault dirige une entreprise de transport québécoise spécialisée dans les concerts et spectacles : Truck’N Roll. Il transporte les tournées de stars internationales comme Céline Dion. Ses 85 camions sont tous au garage depuis trois semaines à Dorval où est implantée la société. Comme des centaines de transporteurs de la Province, il a du cesser de faire rouler ses véhicules, le coronavirus ayant débarqué sur le continent nord-américain.
Le vendredi 13 mars dernier, Ghislain a du baisser le rideau, alors que tous ses camions étaient la veille aux Etats-Unis en tournée. Il avait assuré les derniers concerts de Céline Dion à New York. Le dirigeant a décidé de cesser ses activités au moins un mois et demandé à sa centaine de conducteurs de rester chez eux. Car les transporteurs canadiens doivent renouveler chaque mois l’immatriculation de chaque poids lourd et payer des frais ainsi que les coûts d’assurance automobile. Ghislain a préféré immobiliser ses camions afin de limiter les coûts. Il regrette cependant le manque de souplesse de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) qui perçoit l’argent. « J’arrête jusqu’au 1er mai, et on réévaluera à ce moment-là, a-t-il déclaré à la presse locale. Si on m’avait donné un peu de flexibilité à la SAAQ, je n’aurais peut-être pas renvoyé 100 chauffeurs et employés chez eux, mais payer l’immatriculation pour des camions qui ne bougeront pas, ça ne vaut pas la peine. » Si ces véhicules avaient continué à rouler, le transporteur aurait dû régler la coquette somme de 200 000 dollars canadiens (128 000€), soit environ 2 245 dollars canadiens (1445€) par camion.
Contrairement à la France qui a accepté le report de certaines charges des entreprises, le Québec refuse de différer les frais des immatriculations, un système bien spécifique à la Province. Les associations de camionnage québécoises ont bien demandé au gouvernement la possibilité de reports mais la réponse fut négative. Une grande déception alors que les autres provinces du Canada proposent des reports comme l’Alberta 2 mois ou encore l’Ontario qui a repoussé à une date indéterminée.
D’autres entreprises de transport devraient emboiter le pas aux transports Truck’N Roll. En particulier celles du secteur de la construction dont les chantiers sont totalement arrêtés. Plus question de faire rouler des camions. La crainte est pour les routiers artisans, nombreux et surtout plus fragiles financièrement. Pour l’Association nationale des camionneurs artisans (ANCAI), « c’est le seul moyen qu’on a pour économiser des coûts en attendant que les affaires reprennent. C’était une façon de nous donner un peu d’oxygène pour qu’on reste disponibles au cas où. Mais ils nous ont refusé ça. »
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