Monde

Trump exclut de la route les routiers ne maîtrisant pas l’anglais

L’administration Trump a pris une mesure controversée visant à renforcer les exigences linguistiques pour les conducteurs de poids lourds. Une directive signée par le secrétaire aux Transports, Sean Duffy, ordonne le retrait de la circulation des routiers ne maîtrisant pas suffisamment l’anglais.

Cette décision met en œuvre un décret signé par le président Donald Trump le 28 avril dernier. Le texte modifie les sanctions prévues pour les infractions à une loi existante, qui impose aux conducteurs de véhicules utilitaires de « lire et parler suffisamment l’anglais pour converser avec le public, comprendre la signalisation routière, répondre aux demandes officielles et remplir les rapports nécessaires ».

« Point final », déclare le secrétaire aux Transports

Lors d’une conférence de presse à Austin, au Texas — État qui compte le plus grand nombre de chauffeurs de poids lourds —, Sean Duffy a justifié la directive en affirmant :

« Nous publions des directives garantissant qu’un conducteur ne comprenant pas l’anglais ne pourra pas conduire de véhicule dans ce pays. Point final. »

Inquiétudes et opposition dans le secteur

La réaction du secteur ne s’est pas fait attendre. Nombre d’acteurs du transport routier — syndicats, entreprises et chauffeurs — dénoncent une mesure discriminatoire, qui risque de pénaliser injustement des milliers de travailleurs, souvent issus de l’immigration.

Les critiques soulignent que cette décision ne s’attaque pas aux véritables problèmes du secteur, comme la faiblesse des salaires, les longues heures de travail ou le manque de formation. Pire encore, selon eux, elle pourrait aggraver la pénurie de main-d’œuvre dans un domaine déjà en difficulté.

Une mesure symbolique dans un contexte politique tendu

Au-delà du transport, cette directive illustre une nouvelle fois la volonté de l’administration Trump de durcir les exigences en matière d’intégration linguistique, dans un climat politique marqué par les tensions autour de l’immigration.

Si ses partisans y voient une mesure de bon sens pour la sécurité routière, ses opposants dénoncent une stratégie populiste, susceptible d’exclure des travailleurs essentiels sans bénéfice concret pour la société.