Une nouvelle expérimentation de voies réservées sur le périphérique parisien ainsi que sur les autoroutes A1 et A13 débutera le 3 mars prochain. Si cette initiative vise à fluidifier le trafic pour certains usagers, elle suscite une vive opposition de la part du Groupement des activités de transport et de manutention de la région Ile-de-France (Gatmarif), qui regroupe notamment la FNTR, l’OTRE et TLF.
Un manque de concertation dénoncé
Le Gatmarif exprime son profond mécontentement face à ce qu’il qualifie de « décision précipitée ». Selon le groupement, la fermeture d’une voie sur trois aux heures de pointe sur des axes majeurs, en pleine période de forte activité économique, risque de perturber gravement les conditions d’exploitation des entreprises de transport, de déménagement et de commerce de gros franciliennes.
« Nous ne comprenons pas qu’une telle mesure ait été prise sans la moindre concertation avec les professionnels du secteur. Les conséquences seront lourdes, avec des temps de parcours allongés et des millions d’heures perdues », s’insurge le groupement.
Le Gatmarif rappelle que le succès du dispositif logistique exceptionnel mis en place lors des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 (JOP24) reposait sur une anticipation rigoureuse et une concertation étroite entre les acteurs économiques et les autorités publiques. « Cette initiative avait fonctionné car elle avait été planifiée de longue date et s’était déroulée durant les vacances d’été, période de trafic réduit », rappelle le groupement.
Un appel à suspendre la mesure
Le Gatmarif enjoint la Préfecture de région Ile-de-France, la Préfecture de police de Paris et la Ville de Paris à suspendre cette mesure annoncée pour le 3 mars 2025. Il appelle à l’ouverture d’une véritable concertation pour évaluer les conséquences potentielles de cette expérimentation, identifier les effets de bords et limiter les dommages collatéraux.
Jean-Pierre Gaumet, président du Gatmarif, insiste : « Cette annonce est totalement déconnectée des réalités du terrain. L’expérience des JOP24 a prouvé qu’une concertation en amont, impliquant tous les acteurs de la ville, peut conduire à des solutions efficaces. Nous nous tenons à la disposition des élus, des représentants des services de l’État et de toutes les parties prenantes pour éviter la mise en place d’une mesure qui nuirait aux professionnels du transport et du commerce de gros, à leurs clients et, par extension, à tous les habitants de la région parisienne. »

Le Gatmarif soulève un point pertinent : imposer des voies réservées sans concertation semble effectivement déconnecté des réalités du terrain. Si l’objectif de fluidifier le trafic est louable, il est difficile d’ignorer l’impact potentiel sur les entreprises de transport, déjà sous pression. Une approche plus pragmatique, inspirée de la concertation réussie lors des JO de Paris 2024, aurait sans doute permis d’anticiper ces tensions et d’éviter ce bras de fer prévisible.