Selon l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs (GSC et Altares), 61 459 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi en 2025. 1 649 étaient des transporteurs. Avec le TRM, les secteurs de la construction et du commerce, en grande difficulté depuis plusieurs années, sont les seuls à enregistrer une baisse des pertes d’emploi d’entrepreneurs.
Le TRM résiste
Selon l’étude, le transport routier de marchandises résiste (- 4,5 %), tant pour le fret de proximité que pour les longues distances. Au total, 1 649 chefs d’entreprises du TRM ont perdu leur emploi en 2025. C’est moins que 2024 mais le nombre reste cependant important pour le secteur.
D’autres secteurs restent particulièrement fragilisés. L’hébergement, la restauration et les débits de boisson enregistrent 7 982 entreprises concernées, soit une hausse de 7,6 %. La restauration concentre l’essentiel des liquidations dans ce domaine, avec 6 559 entreprises, ce qui représente plus de huit cas sur dix.
Le secteur de la construction demeure lui aussi très touché. Il représente 25,2 % des liquidations judiciaires en 2025, soit 14 485 entreprises. La situation montre une légère amélioration avec un recul de 3 %, mais le contexte reste fragile pour les entreprises du BTP. À l’inverse, les sociétés de l’immobilier, fortement affectées par le ralentissement du marché après la crise sanitaire, enregistrent une baisse marquée des liquidations de 19,1 % en 2025.
Dans le commerce, quelques signes d’amélioration apparaissent, notamment pour les commerces alimentaires. Toutefois, le secteur automobile reste en difficulté, en particulier dans la vente et la réparation, avec 2 666 liquidations judiciaires.
Des dirigeants concernés légèrement plus jeunes
L’âge médian des entrepreneurs ayant perdu leur emploi diminue légèrement, passant de 46,3 ans en 2024 à 45,8 ans en 2025. Cette évolution s’explique notamment par la hausse du nombre de dirigeants de moins de 26 ans touchés par une défaillance d’entreprise. Malgré cette tendance, la tranche des 41-50 ans reste la plus affectée, représentant plus d’un quart des pertes d’emploi. À l’inverse, les entrepreneurs de plus de 50 ans semblent mieux résister, avec une baisse des pertes d’emploi dans cette catégorie.
La fragilité persistante des très petites entreprises
La grande majorité des dirigeants touchés dirigeaient des structures de moins de cinq salariés (c’est le cas dans le TRM), soit plus de 50 000 entrepreneurs. Ces très petites entreprises restent particulièrement exposées aux tensions de trésorerie, aux impayés et aux évolutions rapides du marché. À l’inverse, les entreprises de plus grande taille semblent mieux résister, les pertes d’emploi diminuant chez les dirigeants de structures de plus de 50 salariés.
Des disparités régionales importantes
Les pertes d’emploi entrepreneurial restent très concentrées dans certaines régions. L’Île-de-France arrive en tête avec 14 319 dirigeants concernés, une situation qui reflète le poids économique de la région et son exposition aux tensions nationales. L’Auvergne-Rhône-Alpes occupe la deuxième place avec 7 354 entrepreneurs touchés, dans un contexte de quasi-stabilité par rapport à l’année précédente.
La Nouvelle-Aquitaine enregistre une hausse plus marquée, avec 5 724 entrepreneurs concernés, en partie liée au calendrier des procédures de liquidation. D’autres régions comme la Corse, le Grand Est, les Pays de la Loire et l’Occitanie connaissent également une progression des pertes d’emploi entrepreneurial, bien que dans des proportions plus limitées.








