Stellantis l’a confirmé : le groupe stoppe le développement de ses utilitaires légers à hydrogène, préférant se concentrer sur l’électrique. À première vue, ce désengagement sonne comme un désaveu pour la filière. Mais est-ce vraiment une surprise ?
L’hydrogène n’a jamais eu la partie facile sur le segment des utilitaires légers. Les coûts de production, la rareté des stations et la concurrence des batteries électriques rendent l’équation intenable. Pour un fourgon qui roule moins de 300 km par jour en moyenne, recharger la nuit suffit à couvrir la grande majorité des usages. Pourquoi s’encombrer d’une technologie plus chère et aux infrastructures encore embryonnaires ?
Le retrait de Stellantis fragilise aussi Symbio, acteur français de la pile à combustible, dont le constructeur est un actionnaire clé. Face à cette impasse européenne, Symbio avait peut-être préssenti la décision de Stellantis et avait choisi d’ailleurs de s’orienter aussi vers les poids lourds aux États-Unis, là où les plans hydrogène fédéraux et la demande en transport longue distance offrent un véritable marché.
En réalité, il semble de plus en plus que l’hydrogène n’a de sens, aujourd’hui, que pour les poids lourds longue distance, pour qui chaque tonne de batterie en moins signifie plus de charge utile et plus d’efficacité. Camions, autocars longue distance : voilà peut-être le vrai terrain de jeu de la pile à combustible.
La décision du constructeur est donc pragmatique. Elle recentre les efforts là où la rentabilité et la décarbonation peuvent réellement se rencontrer. Ce retrait forcera la filière à affiner ses ambitions, car l’hydrogène reste indispensable à la transition – mais pas forcément à la même échelle, ni pour tous les usages.
Nous vous invitons à parcourir le nouveau numéro de REPÈRES Spécial Véhicules industriels Hydrogène réalisé par la rédaction de TRM24
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