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Analyse IFP Énergies nouvelles : les marchés pétroliers et gaziers attentistes

Le tonitruant début d’année initié par l’administration Trump semble laisser les marchés pétroliers indifférents. Pour combien de temps ? L’analyse de l’IFP Énergies nouvelles.

Un choc géopolitique majeur

Dans son premier Tableau de bord de l’année 2026, Jérôme Sabathier, responsable du département économie et évaluations environnementales de l’IFP Énergies nouvelles, note que les prix du pétrole ont légèrement baissé. Selon la note[1] « l’évolution des prix indique que les opérateurs se concentrent avant tout sur les fondamentaux, notamment sur la perspective d’une offre mondiale durablement abondante. » L’intervention américaine crée une grande confusion au Vénézuéla. L’issue politique de cet événement « sera déterminante pour les perspectives économiques du pays, en particulier pour le secteur pétrolier, pilier historique de l’économie vénézuélienne et au cœur des ambitions de Donald Trump, qui souhaite favoriser le retour des majors pétrolières américaines » poursuit l’IFPEN.

Il y est rappelé que Chine et Russie détiennent les plus importantes concessions pétrolières du Vénézuéla ; de quoi raviver les tensions géopolitiques entre ceux-ci et les USA. « La capture du président Nicolás Maduro par les forces américaines constitue un choc géopolitique majeur, mais son impact immédiat sur l’équilibre du marché pétrolier mondial devrait rester limité. Les fondamentaux [de celui-ci] (…) sont actuellement dominés par une situation de surabondance, avec un excédent d’offre supérieur à 4,5 Mb/j au premier trimestre, selon l’Agence Internationale de l’Énergie ».

Le pavillon européen est toutefois concerné puisque Repsol, Eni, Maurel & Prom sont partenaires de la compagnie nationale PDVSA. Le principal opérateur américain actif au Vénézuéla étant Chevron.

Source : IFP Énergies nouvelles

La course à la mise sur le marché entre USA et OPEP+

Jérôme Sabathier étudie en détail l’évolution du prix du Brent, unité déterminante pour le marché européen. Après une entame en janvier 2025 au-dessus de 74$/baril, celui-ci a grimpé à 82$/baril mi-janvier 2025 avant de redescendre sous l’effet conjugué du relâchement des quotas de production de l’OPEP+ avec l’introduction parallèle des tarifs douaniers américains. En décembre 2025, le Brent a atteint le plus bas niveau de prix depuis 4 ans (59$/b). La détente tient également aux stocks de produits raffinés aux USA, jugés très hauts par le Département économie et évaluations environnementales de l’IFPEN. Une situation différente est relevée en Europe où les stocks de gazole seraient inférieurs de 3% à la moyenne des cinq dernières années.

Le Tableau de bord de début janvier 2026 s’achève sur ce bilan : « Sur l’ensemble de l’année 2025, les prix des produits pétroliers en Europe ont reculé (…) de 9,3 % pour le diesel, tandis que le Brent a baissé de 15 %. Cet écart reflète les tensions persistantes sur le marché des produits, liées aux sanctions qui ont perturbé les flux et les chaînes d’approvisionnement. Dans ce contexte, la marge de raffinage moyenne en Europe (Brent FCC) s’est établie à 9,3 $/b en 2025, en hausse de 19 % par rapport à 2024, mais en recul de 10 % par rapport à 2023 ».

[1] https://www.ifpenergiesnouvelles.fr/article/tableau-bord-marches-petroliers

 

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