« Les mégacamions engendreraient un report modal inversé », c’est la conclusion du député Jean-Marc Zulesi qui s’est exprimé sur le sujet la semaine dernière devant la commission des affaires européennes. Autrement dit, les EMS, les Système Modulaire Européen, aurait pour conséquence un report du transport des marchandises du rail ou fluvial vers la route. Difficile d’y croire.
Il est fort dommage que nos chers députés ne se soient pas penchés sur les travaux réalisés par le secteur avec le ministère des transports. Le député les a ignorés pendant son exposé. Il aurait découvert ainsi plusieurs points positifs. Les EMS permettraient de diminuer de 25% la consommation de gasoil et les émissions de CO2. Autre atout : une réduction du nombre de camions sur les routes. 2 mégacamions peuvent transporter l’équivalent de 3 camions.
La France n’avait pourtant pas dit non aux mégacamions. Une expérimentation devait être lancée en 2010. Mais face à des ONGs fermement opposées au projet, Dominique Bussereau, à l’époque secrétaire d’Etat aux transports, l’avait annulé purement et simplement. Depuis, aucun ministre ne s’est risqué.
On peut retenir au moins une remarque du député Zulesi qui, en introduction de son intervention, a précisé vouloir utiliser le nom EMS au lieu de mégacamion. C’est vrai, parler de mégacamion fait peur.
Ça peut (aussi) vous intéresser
Edito de Hervé Rébillon : les transporteurs chinois débarquent eux aussi
EDITO de Hervé Rébillon : l’appétit d’achats, entre conviction et contrainte
EDITO de Hervé Rébillon : Solutrans, la Grande messe n’est pas encore dite !
EDITO de Hervé Rébillon : les chinois peuvent prendre le contrôle de nos transports
- Réseaux électriques européens : une avancée saluée, mais encore insuffisante pour le transport routier - 15 décembre 2025
- Les Transports Zanon convertissent 100 % de leur flotte au B100 - 15 décembre 2025
- En savoir plus - 15 décembre 2025
