Une fois de plus, les poids lourds sont les grands absents des discussions. Alors que trois ministres français – Agnès Pannier-Runacher (Transition écologique), Marc Ferracci (Industrie) et Benjamin Haddad (Europe) – appellent Bruxelles à « lisser les objectifs [CO2] sur plusieurs années » pour les véhicules particuliers, aucune mention n’est faite des véhicules industriels, poids lourds, bus et cars. L’ajout n’était pas difficile.
Dans une tribune adressée à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, ces ministres dénoncent « une application stricte d’une réglementation dépassée par la conjoncture », avertissant qu’ignorer cette situation serait une « grave erreur politique ».
Pourquoi cette réaction maintenant ?
Ce réveil politique (peut-être un peu tard) semble coïncider avec une menace pesant sur les constructeurs automobiles : des amendes colossales pouvant atteindre 15 milliards d’euros. Une pression suffisante pour intensifier les efforts de lobbying auprès des décideurs européens. Mais pourquoi ce plaidoyer ne s’étend-il pas aux constructeurs de poids lourds et cars, eux aussi soumis à des objectifs CO2 ambitieux et risquant des sanctions tout aussi lourdes ?
Et les véhicules industriels dans tout ça ?
Si l’argument des constructeurs automobiles est recevable – la nécessité de prendre en compte un contexte économique tendu – pourquoi ne pas étendre cette logique aux véhicules dits « lourds » ? Ces derniers jouent un rôle central dans le transport des marchandises et des personnes, et les délais de transition technologique sont tout aussi très critiques dans ce secteur.
En demandant un assouplissement des objectifs CO2, les ministres ne devraient pas oublier les poids lourds et les cars. Eux aussi méritent un soutien et une vision pragmatique pour accompagner leur transformation. Bruxelles, il est temps d’élargir le débat.
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