L’enquête 2025 publiée par le Comité National Routier met en évidence un nouveau repli de l’activité dans le transport routier de marchandises longue distance. L’indicateur de production d’un véhicule diminue légèrement entre 2024 et 2025, confirmant une dynamique toujours orientée à la baisse. Surtout, le secteur reste durablement en retrait par rapport à l’avant-crise sanitaire, avec un déficit d’activité qui s’accentue encore vis-à-vis de 2019. Cette situation traduit une reprise incomplète et un marché qui peine à retrouver son niveau structurel d’avant les crises successives.
Des investissements en net ralentissement
Dans ce contexte d’activité peu porteuse, les entreprises ont logiquement réduit leur effort de renouvellement des équipements. Le vieillissement des parcs tracteurs s’accentue, le taux de renouvellement atteignant en 2025 son plus bas niveau depuis une décennie. Ce ralentissement illustre une stratégie d’attente et d’arbitrage, les transporteurs cherchant à préserver leur trésorerie face à une visibilité limitée et à des conditions économiques jugées peu favorables à de nouveaux investissements.
Une inflation des coûts toujours bien présente
Parallèlement à cette stagnation de l’activité, les coûts d’exploitation poursuivent leur progression, à l’exception notable du gazole. Les charges liées aux conducteurs continuent d’augmenter, portées à la fois par la hausse des rémunérations et celle des indemnités de déplacement. Les dépenses d’entretien et de réparation progressent également de manière significative, tout comme les primes d’assurance des flottes, qui continuent d’être réévaluées à la hausse. Même si le coût d’acquisition des tracteurs recule légèrement en 2025, ce mouvement apparaît surtout comme une correction après plusieurs années de forte augmentation, ce qui limite son impact sur la structure globale des coûts.
Des transformations profondes sur le long terme
Au-delà des variations conjoncturelles, les résultats de l’enquête révèlent des évolutions structurelles marquées. La productivité des véhicules s’inscrit dans une tendance baissière sur longue période, ce qui traduit une modification durable de l’organisation et des conditions d’exploitation du transport routier. En parallèle, la consommation de carburant continue de diminuer progressivement, reflétant des gains d’efficacité énergétique et des évolutions techniques du parc.
Sur le plan social, la rémunération des conducteurs connaît une progression soutenue sur la dernière décennie, nettement supérieure à celle du SMIC. Cette évolution souligne les tensions persistantes sur le marché de l’emploi dans le secteur et la nécessité pour les entreprises de renforcer leur attractivité.
Une équation économique de plus en plus contrainte
L’ensemble de ces tendances dessine un secteur pris entre une activité qui stagne, des coûts qui continuent de progresser et une capacité d’investissement qui s’affaiblit. Malgré quelques améliorations ponctuelles sur le plan technique, les gains de productivité restent insuffisants pour compenser la pression croissante des charges. Le transport routier longue distance apparaît ainsi engagé dans une phase de rééquilibrage délicate, où la maîtrise des coûts et l’adaptation des modèles économiques deviennent des enjeux centraux.
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