Iveco s’apprête à écrire un nouveau chapitre de son histoire. Le constructeur italien, jusqu’ici sous la houlette de la holding Exor NV, contrôlée par la famille Agnelli, va être racheté par le géant indien Tata Motors. Ce dernier est déjà connu pour avoir acquis Jaguar Land Rover en 2008. En parallèle, la branche défense d’Iveco sera cédée à Leonardo, spécialiste italien de l’aéronautique et de la défense.
Une annonce en deux temps
La transaction a été révélée en deux étapes distinctes. Dans un premier temps, Iveco a communiqué la vente de sa division militaire, Iveco Defence Vehicles, à Leonardo. Ce n’est que plus tard que la société a confirmé la cession du cœur de ses activités – véhicules utilitaires et poids lourds – à Tata Motors.
Tata Motors déboursera 3,8 milliards d’euros pour acquérir 27 % des parts d’Iveco, détenues jusqu’ici par Exor. Le conseil d’administration d’Iveco s’est unanimement prononcé en faveur de cette opération, recommandant son approbation aux actionnaires. La finalisation de la vente est prévue en deux étapes : la division Défense devrait passer aux mains de Leonardo au premier trimestre 2026, suivie par la cession des activités principales à Tata Motors au deuxième trimestre 2026.
À l’issue de l’opération, le nouvel ensemble formé par Iveco et Tata Motors affichera un chiffre d’affaires combiné de 22 milliards d’euros. Ce revenu sera réparti entre l’Europe (50 %), l’Inde (35 %) et les Amériques (15 %). Le groupe vise également un renforcement de sa présence sur les marchés émergents en Asie et en Afrique.
Tata Motors s’est engagé à respecter l’identité, la culture et les valeurs fondamentales du groupe Iveco. Le constructeur indien assure qu’il n’y aura ni fermetures d’usines, ni restructurations majeures. De plus, le siège social restera à Turin, ce qui semble rassurer les autorités italiennes et les syndicats.
Une vision stratégique Indo-européenne
Le président de Tata Motors, Natarajan Chandrasekaran, voit dans cette acquisition une formidable opportunité de renforcer la compétitivité mondiale du groupe. Il mise sur la complémentarité des marchés indien et européen pour développer des synergies et intensifier les investissements. « Cette union élargira notre champ d’action et consolidera notre stratégie à long terme », a-t-il affirmé.
Quant à Iveco Defence Vehicles, elle rejoindra l’italien Leonardo. Basée à Bolzano, cette division dispose de cinq usines réparties en Allemagne, Roumanie et Brésil, ainsi que de centres de recherche en Europe et en Amérique. En 2024, elle a enregistré un chiffre d’affaires de 1,133 milliard d’euros pour un résultat d’exploitation de 108 millions d’euros.
Une page se tourne pour l’industrie italienne
Avec ce rachat, c’est une nouvelle ère qui s’ouvre pour Iveco. Le passage sous pavillon indien marque un tournant dans l’histoire industrielle européenne, mais pourrait aussi constituer une opportunité de croissance à l’échelle mondiale, sous réserve que les engagements pris soient tenus.
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