Le constructeur chinois Yutong est, selon DVV Media Group, la première marque immatriculée sur le continent européen d’autobus électriques de plus de 8t de PTAC. Pour l’organisme, qui a repris les activités d’analyse de marché précédemment exercées par Chatrou CME Solutions, Yutong aurait ainsi immatriculé 1092 autobus électriques en 2024 sur le continent. Cela comprend les territoires de l’Union européenne, le Royaume-Uni, la Suisse, la Norvège et l’Islande.
Le marché global des électriques de plus de 8 tonnes (autocars et autobus) aurait représenté 7843 unités. Un dynamisme dont s’est félicité sur les réseaux sociaux le cabinet Bruxellois de lobbying pro électrique T&E, toujours aussi influent auprès de la Commission européenne.
Derrière Yutong, et toujours selon DVV Media Group, suivent Mercedes-Benz (918 eCitaro de tous types) et Wrightbus avec 861 exemplaires enregistrés. Si cette firme Irlandaise est très puissante dans les îles britanniques elle n’est pas représentée partout en Europe. Pour les continentaux, cette troisième place reviendrait plutôt à Iveco Bus avec 821 unités. Le palmarès 2023 était fort différent avec MAN à 785, Solaris Bus à 725 et Yutong à 483 unités.
Une croissance chinoise impressionnante
Si Yutong, du temps de son importation par Dietrich Carebus Group en France fut pionnière dans notre pays, le démantèlement du groupe alsacien a finalement pénalisé le géant chinois. Ses performances commerciales sont dues à d’autres marchés comme l’Europe centrale et méridionale ou la Scandinavie. Sa présence massive à la FIAA Madrid 2024 et celle annoncée pour Busworld Europe 2025 confirme l’ambition du géant chinois.
Les véhicules électriques à batteries constituent bien les chevaux de Troie de l’industrie chinoise en Europe. Une situation qui alarmait le constructeur polonais Solaris Bus dès le salon FIAA Madrid 2024, alors que le champion européen des modes alternatifs au gazole bénéficie de prix de revient plus compétitifs qu’en Europe de l’Ouest. Mais face à la Chine, il ne fait pas le poids. Au moins, Yutong comme BYD ou King Long avance sans « faux nez ».
Et cette offensive n’est pas terminée : d’autres marques comme Safra à Albi pourraient bien passer prochainement sous pavillon Chinois. Pour Ebusco, créée et domiciliée aux Pays-Bas ses autobus étaient déjà assemblés en Chine et le fournisseur de batteries Gotion High-Tech a converti à la fin de l’année 2024 ses créances en titres, ce qui en fait un actionnaire important de la firme. Quant à la firme hongroise Ikarus, elle fait appel aux chaînes de traction du géant ferroviaire chinois CRRC qui fait trembler Alstom et Siemens.
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