Le gouvernement américain a annoncé jeudi la suspension immédiate de la délivrance de visas de travail pour les chauffeurs routiers étrangers. Selon le secrétaire d’État Marco Rubio, ces conducteurs « mettent en danger la vie des Américains » et menacent les emplois des camionneurs locaux.
Un discours aligné sur la politique « America First »
Sans avancer de données chiffrées, l’administration Trump reprend un argument récurrent : les conducteurs venus de l’étranger seraient insuffisamment qualifiés, notamment en raison d’une mauvaise maîtrise de l’anglais. Cette mesure s’inscrit dans la continuité d’une politique migratoire restrictive, souvent défendue par les soutiens républicains du président.
La décision intervient après un accident mortel le 12 août en Floride impliquant un chauffeur de semi-remorque d’origine indienne, en situation irrégulière. Trois personnes ont perdu la vie. L’homme, entré illégalement aux États-Unis depuis le Mexique, aurait échoué à un test de langue anglaise. L’affaire a rapidement pris une dimension politique, les républicains accusant les démocrates de laxisme.
Un bras de fer entre républicains et démocrates
Le chauffeur avait obtenu sa licence poids lourds en Californie, dirigée par le gouverneur démocrate Gavin Newsom, farouche opposant à Donald Trump. Ce dernier a répliqué en soulignant que le permis de séjour du chauffeur avait été délivré par les autorités fédérales elles-mêmes. L’épisode illustre l’affrontement politique autour de l’immigration et de la sécurité routière.
Selon les chiffres fédéraux, le nombre de chauffeurs routiers nés à l’étranger a plus que doublé entre 2000 et 2021, atteignant environ 720 000. La majorité viennent d’Amérique latine, mais l’on compte aussi de plus en plus de conducteurs originaires d’Inde, d’Ukraine et d’Europe de l’Est.
Vers un durcissement réglementaire
En juin dernier déjà, le ministre des Transports Sean Duffy avait imposé une nouvelle règle obligeant les conducteurs de poids lourds à prouver leur capacité à s’exprimer en anglais. Les responsables républicains affirment vouloir ainsi protéger la sécurité des routes américaines, même si les statistiques reliant immigration et accidents restent absentes du débat.
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