La nouvelle administration Trump menace d’augmenter significativement les droits de douane contre les produits européens. Pour les constructeurs de véhicules industriels interrogés par TRM24, cela n’aura que peu d’impact.
Voici une énième démonstration que le marché des véhicules industriels n’est pas celui des automobiles. En effet, face aux menaces de relèvement des tarifs douaniers brandie par l’administration Trump aux USA, les groupes européens de véhicules industriels opérant sur les deux continents (Volvo AB et Daimler Trucks entre autres) semblent afficher une belle indifférence. Cela est également vrai pour le seul américain ayant réussi son implantation en Europe, le groupe Paccar.
Pourquoi ? Parce que les productions sont faites à l’échelle des grandes régions : en l’espèce l’Amérique du Nord et l’Union européenne. Si les moteurs Daimler OM471 et OM473 sont assez proches techniquement des blocs Detroit Diesel DD13, DD15 ou DD16, ils sont produits en intégralité en Europe. Même chose pour Volvo AB dont les opérations américaines ne dépendrait pas de fournitures européennes, un point rappelé par le groupe qui répond ainsi : « Volvo a travaillé avec succès à développer des chaînes de valeur régionalisées. Nous avons localisé nos productions et autres activités dans chacune des grandes régions, ce qui nous rend moins vulnérables, ou plus résistants, aux barrières douanières et autres menaces de taxation ». Même son de cloche avec Paccar où l’on explique, via Rutger Kerstiens, directeur des relations presse de DAF Trucks, que « l’impact est vraiment très limité, que ce soit pour les camions ou les composants de ceux-ci. Nos camions européens DAF ne sont pas vendus aux USA, et vice-versa. Cela signifia que tous les changements dans les politiques douanières des USA n’aurait pas d’impact significatif sur nos activités ».
Le précédent du Brexit
Les activités des grands groupes sont suffisamment autonomes sur chacun des deux continents pour ne pas pâtir des menaces de la nouvelle administration Trump. Pour autant, sur le continent Nord-Américain, la remise en cause de l’ALENA (ou NAFTA en anglais) entre Canada, Etats-Unis d’Amérique et Mexique, peut avoir de bien plus fâcheuses conséquences.
Par exemple, pour Volvo AB, le constructeur Nova Bus est principalement implanté au Canada. Quid de ses exportations vers les USA ? Le Mexique est également devenu une plateforme considérable de production de véhicules et de composants. C’est le cas notamment pour Volvo Buses qui y a une grande usine de fabrication et d’assemblage. Les chaînes d’approvisionnement de composants pourraient pâtir de cette guerre des tarifs douaniers. Cela a été observé dans l’automobile par le SMMT britannique (Society of Motor Manufacturers and Traders) à la suite du Brexit.
Ainsi le SMMT plaide-t-il encore pour que « le Royaume-Uni et l’UE [conviennent] du niveau de coopération le plus complet et le plus profond en matière douanière, dans le but de réduire au minimum les retards et les perturbations des deux côtés de la frontière ». Le précédent du Brexit a marqué au fer rouge BMW pour sa marque Mini mais aussi le groupe Jaguar Land-Rover ou des équipementiers comme Delphi ou Cummins.
Les DAF XB, assemblés à Leyland (Royaume-Uni) ont recours à des cabines fabriquées dans l’usine Renault Trucks de Blainville-sur-Orne. Les procédures nées du Brexit ont un coût, pas seulement douanier. Un tel scénario entre les pays de l’ALENA aurait un impact certain sur les constructeurs et équipementiers opérant sur le continent Nord-Américain. Comme le rappelle Olivier Amélineau, responsable des relations presse Daimler Trucks en France : « le groupe Daimler Trucks North America représente 40 000 emplois directs ». Un langage que Donald Trump devrait comprendre.
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