Selon une étude du CNR, le Transport routier de marchandises néerlandais repose sur une spécialisation poussée dans des segments à forte valeur ajoutée comme la logistique intégrée, les conteneurs et le multimodal. Cette orientation permet aux entreprises de se positionner sur des flux internationaux complexes et de rester compétitives face à la concurrence européenne.
Cependant, cette spécialisation les rend aussi dépendantes des échanges internationaux et des grands corridors logistiques. Le recul de la part de l’activité internationale (désormais inférieure à 50 %) traduit possiblement une recomposition du marché, liée à des tensions économiques, à la concurrence accrue de pavillons à bas coûts ou encore à des contraintes réglementaires croissantes en Europe.
Une productivité élevée fondée sur l’intensité du travail
La forte productivité des conducteurs néerlandais repose en grande partie sur un volume élevé d’heures supplémentaires. Ce modèle permet d’optimiser l’utilisation des ressources humaines et de maintenir la rentabilité malgré des coûts salariaux élevés.
Néanmoins, cette intensité du travail peut soulever plusieurs enjeux. Elle interroge d’une part la soutenabilité sociale du modèle (fatigue, attractivité du métier), et d’autre part sa pérennité dans un contexte de durcissement des réglementations sociales européennes. Le maintien d’un tel niveau de productivité pourrait devenir plus difficile à long terme.
Une hausse des coûts salariaux structurante
L’augmentation continue du coût des conducteurs constitue un facteur clé d’évolution du modèle néerlandais. La revalorisation des minima via la convention collective traduit une volonté d’améliorer les conditions de travail et d’attractivité du métier, dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre.
Cependant, cette hausse rapide des salaires renforce l’écart de compétitivité avec les pays à bas coûts. Les entreprises néerlandaises sont donc incitées à monter en gamme, à automatiser certaines fonctions ou à optimiser davantage leurs opérations pour absorber ces coûts.
Une inflation généralisée des coûts d’exploitation
Au-delà des salaires, l’augmentation des péages et des coûts de détention des véhicules pèse fortement sur les marges. La hausse des péages à l’échelle européenne reflète une tendance structurelle liée au financement des infrastructures et aux politiques environnementales.
La future mise en place d’une redevance kilométrique aux Pays-Bas s’inscrit dans cette logique et pourrait accentuer la pression sur les transporteurs, en particulier ceux opérant sur de longues distances. De même, l’augmentation du coût des véhicules peut être liée à des normes environnementales plus strictes et à la transition énergétique du secteur.
Un modèle sous pression mais encore performant
Avec un coût de revient de 1,60 €/km pour un ensemble de 40 tonnes à l’international, le pavillon néerlandais se situe dans une gamme de coûts relativement élevée en Europe. Cela confirme son positionnement sur des segments à plus forte valeur ajoutée plutôt que sur une logique de concurrence par les prix.
Au final, le modèle néerlandais apparaît solide mais sous pression. Il repose sur un équilibre entre spécialisation, productivité et montée en gamme pour compenser des coûts en forte hausse.
Cette étude est à retrouver sur le site du CNR







