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De nouveaux indices de prix énergétiques à l’étude au CNR

L’actualité récente met plus que jamais d’actualité les « charges de produits énergétiques de propulsion » dans le transport routier. Le Comité National Routier a bien voulu répondre aux questions de TRM24 sur ce sujet brûlant.

Réveil des marchés de l’énergie

Depuis le 1er mars 2026, les marchés pétroliers et gaziers, ainsi que l’ensemble de la filière logistique font l’objets de très fortes tensions géopolitiques. L’offensive américano-israélienne en Iran a réveillé les marchés de l’énergie tandis que les flux maritimes de l’Asie vers l’Europe doivent désormais passer par le cap de Bonne. Benjamin Leo, chargé d’études économiques et responsable énergies du Comité National Routier, a accepté de répondre aux questions de TRM24.

Benjamin Leo, chargé d’études économiques et responsable énergies du CNR

TRM24 : Le Comité National Routier, édite les indices de référence (obligatoires depuis le 1er janvier 2023) pour le gazole, qu’en est-il de celui du GNV avec les derniers événements internationaux ?

Benjamin Leo :

« Depuis, la loi n° 2022-1158 du 16 août 2022[1] portant mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat, ce sont les charges de produits énergétiques de propulsion retenues pour l’établissement du prix de l’opération de transport qui sont prises en référence pour l’indexation (en non plus seulement le gazole). L’indicateur existe et il faut l’utiliser. »

TRM24 : Avez-vous constaté une décorrélation antre cours du méthane et du pétrole ?

Benjamin Leo :

« Il y a effectivement une décorrélation des prix entre GNV et gazole. Cela avait déjà été le cas à la fin de 2021 puis avec l’offensive de la Russie sur l’Ukraine en 2022. On procède par enquête de chiffrage auprès des entreprises de transport. On mesurera cet effet à la fin du mois de mars 2026 »

TRM24 : Au-delà du gazole et du méthane carburant, avez-vous à l’étude d’autres indices de prix, notamment sur l’électrique où il peut y avoir également de très fortes disparités ?

Benjamin Leo :

« La production d’un indice de coût électricité au dépôt est à l’ordre du jour au CNR. Mais cet exercice est compliqué du fait de la très grande dispersion des prix de marché calculés en fonction des profils d’utilisateurs. Des tarifs réglementés existent pour différents segments de puissance souscrite, mais ces derniers s’adressent aux entreprises de moins de 10 salariés avec un chiffre d’affaires de moins de 2 millions d’euros. Ces prix sont mis à jour par la Commission de régulation de l’énergie annuellement, et peuvent être éloignés des prix de marché pratiqués par les fournisseurs d’énergie (y compris EDF). »

Benjamin Leo évoque le fait que d’autres indices, plus faciles à établir pourraient être prochainement édités par le CNR. 

« Les B100 et HVO sont également à l’étude par le CNR. C’est plus facile de faire un indicateur pour ces deux carburants. » La méthodologie demeurerait la même que pour le gazole et le GNV.

TRM24 : En janvier 2027, entrera en vigueur l’IRICC, remplaçant la TIRUERT. Quel en sera l’impact d’après le CNR ?

Benjamin Leo :

« L’IRICC s’adresse principalement aux metteurs à la consommation de carburants, c’est-à-dire les entreprises du secteur énergétique. Cette réforme a été repoussée d’un an afin de peaufiner le mécanisme et d’intégrer les retours des filières concernées. Quoi qu’il en soit, les indicateurs d’énergie du CNR, issus d’interrogations de transporteurs, capteront les évolutions des prix liées à la mise en place de l’IRICC. »

Rappelons que les estimations publiées ici et là vont de 10 à 17 centimes au litre, et tout dépendra également de la façon dont les opérateurs la répercuteront. Rendez-vous en 2017.

[1] Voir Articles L3222-1 et L-3222-2 du Code des transports.

One Response

  1. Sujet très intéressant.
    La création d’indices énergie pour le transport devient essentielle, notamment avec la diversification des sources d’énergie (gazole, GNV, électrique).
    La question de l’électricité est effectivement plus complexe, car les prix peuvent varier fortement selon les profils de consommation et les contrats. C’est un vrai enjeu pour les entreprises.

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