Actu

De nouvelles entraves pour les ateliers indépendants

La FIEV et le Groupement des industries d’équipements de garages (GIEG) alertent sur les difficultés que rencontrent garages et ateliers indépendants suite à l’application depuis le 1er novembre 2024 du règlement dit SERMI.

Un accès sécurisé

Si la FIEV s’était initialement félicitée de l’entrée en vigueur en octobre 2024 du règlement SERMI[1], elle a depuis déchanté. À la base, le SERMI (Security related repair and maintenance information) est un dispositif européen visant à garantir un accès sécurisé et équitable aux informations sensibles des véhicules pour les professionnels de la réparation automobile. Cela peut concerner les mises à jour logicielles, le codage de clefs, etc …

Cette certification avait trois buts : assurer un accès sécurisé et transparent aux informations de sécurité, préserver la compétitivité des réparateurs indépendants face aux réseaux constructeurs, et renforcer la confiance des consommateurs grâce à une sécurité accrue des réparations. Le SERMI concerne tous les ateliers situés dans l’Union européenne et tous les constructeurs qui y commercialisent des véhicules. Ce qui pose d’ailleurs un problème de concurrence : un fournisseur de service agissant depuis le Royaume-Uni ou l’Europe Orientale pouvant coder ou accéder aux passerelles de bord du véhicule à distance sans passer par l’accréditation SERMI.

Complications et limitations d’accès aux véhicules

Avec le recul, les soucis sont apparus : communication tardive ou incomplète, absence d’accompagnement adapté pour les réparateurs candidats à la certification, complexité administrative excessive, coûts et délais d’audit dissuasifs. Même pour les équipementiers, le SERMI est une contrainte : dans le cas où un atelier demande à un équipementier une information ou un service soumis au SERMI, les deux parties doivent obtenir une autorisation. L’employé de l’atelier génère d’abord un lien d’autorisation dans l’application SERMI, puis le transmet à l’équipementier. Ce dernier scanne le QR-Code lié à l’autorisation ainsi que celui affiché sur le portail du constructeur ou l’outil de diagnostic, permettant ainsi au constructeur de valider l’accès aux données.

Des pesanteurs qui entraînent, selon la FIEV, l’immobilisation de véhicules ou le recours accru aux réseaux de constructeurs. Comme le rappelle Clément Perrin, représentant le GIEG : « il faut rester proportionné et cohérents, tant dans les prix de revient des interventions que dans les lourdeurs administratives ».

Un flou juridique

La FIEV souligne l’absence de clarté sur le périmètre exact des opérations soumises au SERMI le texte mentionnant simplement la « sûreté du véhicule ». À ce jour, aucune liste claire et harmonisée n’est publiée. Clément Perrin rappelle que cela peut avoir autant d’impact sur la carrosserie réparation (du fait des radars et projecteurs à LED) que sur la mécanique. Chaque constructeur peut définir différemment les informations ou activités soumises au SERMI. Si c’est le cas, un message figure sur le portail ou l’outil du constructeur, signalant que l’accès ne sera autorisé qu’après authentification via l’application SERMI. Cela crée une imprévisibilité pour les réparateurs et des pratiques hétérogènes sur le terrain.

Certaines opérations, manifestement sans impact sur la sécurité des véhicules, se trouvent conditionnées à la certification SERMI, alimentant le sentiment d’un dispositif disproportionné dans son application. Pour la FIEV cela génère un déséquilibre concurrentiel préoccupant. Tandis que les réseaux constructeurs conservent un accès fluide aux opérations concernées, les réparateurs indépendants voient leur champ d’intervention se restreindre.

Un marché contrôlé en France par trois certificateurs

Pour la France, trois organismes certificateurs ont été accrédités : Bureau Veritas Certification France, Dekra Certification et SGS-ICS. Ils définissent la liste des documents et informations requises (justificatif prouvant l’activité dans le secteur automobile, attestation d’assurance de l’entreprise, preuve de formation adéquate ou d’aptitude professionnelle des techniciens, accompagnée d’un extrait de casier judiciaire). La certification de l’atelier et de chaque technicien accrédité est, bien sûr, payante et valable 5 ans. Avec SERMI, pour certains, ce serait plutôt sers moi.

[1] Règlement (UE) n°2021/1244 modifiant le Règlement (UE) n°2018/858

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *