Ils arrivent sur la pointe des pieds. Après les géants du e-commerce, ce sont désormais les entreprises chinoises de transport qui débarquent en France. Et un nom commence à circuler, un nom qui intrigue : GoFo. À deux lettres près, il rappelle l’ex-géant français Gefco. Coïncidence ou simple hasard ?
GoFo est le nouveau transporteur chinois qui opère déjà à grande vitesse dans l’Hexagone. Pour donner une idée de l’ampleur du phénomène : l’entreprise livre désormais 20 % des petits colis issus du e-commerce en France, un terrain historiquement dominé par La Poste. Et l’histoire ne fait que commencer.
Derrière GoFo, il y a un groupe tentaculaire, GoFo China, dont la porte d’entrée n’est autre que les plateformes chinoises comme Shein, Temu, AliExpress devenues incontournables dans les habitudes d’achat des Français. Ce sont elles qui alimentent la machine. Après les États-Unis, l’Inde et Porto Rico, GoFo s’est implanté en Europe, d’abord en Italie et aux Pays-Bas, avant de poser ses valises en France.
Tout semble être réglé comme du papier à musique. Transport, entrepôts, livraison du dernier kilomètre : la mécanique évoque Amazon à ses débuts. Chaque jour, des milliers de colis chinois atterrissent à Roissy, puis rejoignent des entrepôts gérés par un autre acteur chinois, Cirro Parcel, d’ailleurs récemment racheté par GoFo, qui dispose déjà de douze sites dans l’Hexagone.
Mais derrière cette efficacité redoutable se cache une réalité sociale plus inquiétante. Les entrepôts et plateformes logistiques s’appuient sur une main-d’œuvre jeune, presque exclusivement composée d’étudiants chinois en fin de cursus en France. Recrutés en CDD de trois à six mois, payés au SMIC, aucun n’obtient de CDI. Et tous repartent, une fois le visa expiré. Un système parfaitement huilé et légal, pensé pour tourner sans laisser de traces.
À l’approche des fêtes, ce sont 180 millions de petits colis qui devraient être livrés sur le territoire. Un tiers d’entre eux arrivera chez vous avec GoFo. Discrètement, sans un mot plus haut que l’autre.
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