Iveco France a tenu hier sa conférence annuelle sur ses résultats commerciaux. L’occasion pour Stéphane Espinasse de se déclarer satisfait des résultats 2024 et d’esquisser quelques tendances pour 2025.
Stéphane Espinasse, président d’Iveco France, a introduit sa conférence par un rappel sur la présence industrielle du groupe Iveco en France, notamment à travers Bourbon-Lancy dédiée aux moteurs Cursor et XCursor13, Garchizy dédiée au reconditionnement échange standard -deux sites qui font d’Iveco France le premier employeur privé en Bourgogne- et deux usines d’assemblage final aux couleurs d’Iveco Bus (Annonay et Rorthais). Un centre national de pièces de rechange fonctionnant en 24/7 est établi à Lieusaint (Seine-et-Marne). Ce sont 3500 emplois pour les seuls sites industriels d’Iveco France. Il sert, entre autres, plus de 200 points de vente et de service aux couleurs Iveco en France.
Si Iveco figure à la 6ème place des constructeurs en plus de 5.1t de PTAC (part de marché de 9.8% et 4857 immatriculations France 2024), le bilan devient bien meilleur si l’on inclut les Daily de 3.5t et plus. Sur le segment de 3.5t à 5t de PTAC Iveco revendique la 2ème place du marché toutes marques France sur ce segment avec 13.2% et 13 708 immatriculations.
Ce sont les véhicules carrossés qui constituent la majorité des ventes (plus de 8 Daily sur 10 immatriculés en France sont des châssis), que ce soit en utilitaires ou en poids lourds. Ainsi, en 16t et plus, sur les 2469 immatriculations Iveco France en 2024 on recense 1486 porteurs et 983 tracteurs routiers.
Sur le marché toutes marques France 2025, Stéphane Espinasse s’attend à un premier semestre morose et une stabilisation pour le second semestre. Pour 2026 il annonce quatre gammes électriques livrables en 2026 (le eMoovy en partenariat avec Hyundai, les modèles Stellantis badgés Iveco, le eDaily et le S-eWay). La nouvelle cabine gamme haute en co-développement avec Ford Trucks Otosan ne devant pas apparaître avant 2028.

Les électriques dépendants des aides à l’achat
Sur le panel des véhicules « hors pétrole », qu’il s’agisse des utilitaires ou des gammes lourdes, les véhicules électriques ont été à la peine en France en 2024. Les utilitaires légers à batteries de traction sont passés de 5221 en 2023 à 2935 unités en 2024 alors que 16 marques se disputaient ce marché de 3.5t à 7.49t de PTAC.
Selon Clément Chandon, directeur des énergies alternatives chez Iveco France, c’est une conséquence directe de la suppression du bonus attribué aux utilitaires légers (environ 15 000€ pour un utilitaire homologation N2 3.5t de PTAC). « On voit un accident dans les immatriculations : la baisse très forte des utilitaire électriques entre 2023 et 2024 est paradoxale alors que le marché devrait être à +200% si l’on veut tenir les objectifs assignés par l’Europe. » Et Clément Chandon d’enchaîner « on a jamais immatriculé autant de Daily GNV qu’en 2024.».
En gammes lourdes 7.5t et plus, les motorisations « pur Diesel » descendent régulièrement depuis 2021 la part des véhicules « non conventionnels » atteignant en 2024 plus de 10% du marché global. Mais Clément Chandon relève que « près de 99% de la décarbonation du TRM en France se fait via les biocarburants ». Le B100 exclusif se taille la part du lion avec 2729 unités. Iveco n’y est pas présent, et Stéphane Espinasse a confirmé que, malgré l’existence d’un moteur Tector B100 Exclusif sur les Iveco Bus Crossway, il n’est pas prévu de dupliquer cette option en camions.
Le GNV a représenté 1569 unités en 2024, et Iveco y a renforcé sa pénétration ce qui explique le satisfecit des équipes lors de la conférence malgré un segment GNV France en baisse de -11%. Les électriques sont en hausse de +18% mais sur de petits volumes (652 unités) où ce sont les tracteurs routiers et les bennes à ordures ménagères qui se sont positivement distingués. Les équipes d’Iveco France ont accueilli avec satisfaction l’intégration des aides aux véhicules industriels électriques dans les Certificats d’Economie d’Énergie pour 2025, jugeant ce dispositif plus lisible et équitable que les précédents Appels à projets de l’ADEME.
Mais comme rien n’est simple, les Iveco eDaily 3.5t à homologation N2 ne rentrent pas dans les cases de l’administration. Peut-être que la commercialisation de la location kilométrique en paiement à l’usage GATE, étrennée en Italie depuis quelque temps, contribuera à lever un frein pour les potentiels acquéreurs de eDaily en France.
Quant aux Iveco S-eWay ils ne devraient faire réellement leur apparition dans les immatriculations qu’en 2026. Le test client des S-eWay Fuel Cell (une dizaine d’unités produites à ce jour à Ulm en Allemagne dont deux pour la France sur le site portuaire de Fos-sur-Mer) devrait débuter enfin après plusieurs mois de retard.
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