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Iveco se sépare de sa division Défense

Lors de la conférence présentant les résultats d’Iveco Group le 7 février 2025, Olof Persson, Chief Executive Officer, a annoncé que le Conseil d’Administration d’Iveco Group envisageait de se séparer d’IDV (la branche véhicules militaires d’Iveco) et des camions lourds spécialisés Astra. Une plus-value potentielle qui contribuerait à faire d’Iveco une belle mariée.

Olof Persson a annoncé lors de la présentation des résultats annuels d’Iveco Group le vendredi 7 février 2025, que le Conseil d’Administration envisageait de se séparer les activités d’IDV (la branche défense d’Iveco dont l’usine principale est basée à Bolzano -Trentin Haut-Adige, Italie) et des camions lourds ASTRA dédiés aux mines et carrières. Le contexte actuel de tensions internationales favorise la valorisation boursière des groupes industriels travaillant dans le milieu de la défense. Cette énième cession fait suite à la vente par ce même groupe, de la branche incendie et véhicules de secours Magirus qui était, quant à elle, déficitaire. Ce serait la deuxième activité historique d’Iveco qui serait ainsi vendue. Iveco Defence ayant pour fief historique l’usine Lancia Veicoli Industriali de Bolzano. Le groupe avait déjà crée un consortium avec son compatriote Leonardo (groupe Oto Melara) pour la construction des véhicules blindés sur roues Centauro.

Recentrage sur les véhicules industriels

Profitant des très bons résultats de la division défense, Iveco Group va se recentrer sur les véhicules industriels (camions, autocars et autobus). Contrairement à une idée répandue, c’est Iveco Bus qui a réalisé de meilleurs résultats que la division camions avec des revenus nets en hausse de +13.3% (portés à 2 milliard 561 millions d’euros). La marge ajustée de l’EBIT est annoncée à 5.5%, très proche de celle des camions, et surtout en hausse de 0.7%. La division camions a vu ses revenus baisser, conséquence d’une chute des volumes produits (-5% pour les Iveco Daily et -33% pour les gammes lourdes et Eurocargo). La marque annonce en avoir limité les effets via sa politique tarifaire. On peut supposer que cette baisse de production a aidé au déstockage des modèles 2022 dans les réseaux afin de faire place nette avant la présentation des gammes 2024 répondant à la norme GSR-II.

Faire d’Iveco une belle mariée

La présentation des résultats financiers par Olof Persson a semble-t-il été concluante puisqu’elle a été accueillie le vendredi après-midi par une remontée des cours à la bourse de Milan au plus proche des plus hauts historiques du titre Iveco Group. De quoi satisfaire les actionnaires d’Exor, principale holding détentrices des titres Iveco Group. On peut s’interroger sur la façon dont les chiffres sont présentés, en effet, dans le résultat d’exploitation net avant frais financiers et taxes (le fameux EBIT) le tableau n’évoque nulle part le chiffre d’affaires du groupe. Il y est juste évoqué une baisse du résultat d’exploitation net (passé de 730 millions d’euros en 2023 à 545 millions d’euros en 2024). Les liquidités générées par les activités sont également en baisse (passant de 1 milliard 366 millions en 2023 à 1 milliard 306 millions en 2024). L’accent est mis sur les profits du groupe avec 394 millions d’euros (par rapport aux 268 millions de l’exercice 2023). Outre la baisse des volumes en camions, Iveco Group semble avoir pâti des risques de changes, en particulier sur les marchés Argentins et Turcs expliquant des charges financières nettes de 211 millions d’euros. La part des investissements en R&D représente environ 4% des revenus consolidés, en baisse en 2024 par rapport à 2023. Pour les actionnaires du groupe et de futurs investisseurs, il est rappelé que les dividendes versés en 2025 sur cet exercice 2024 représenteront 90 millions d’euros (soit 0.33 centimes par action ordinaire).

Autre élément destiné visiblement à appâter les investisseurs, l’annonce d’une trésorerie disponible à 5 milliards 474 millions d’euros, en hausse apparente de 726 millions par rapport à l’exercice 2023. L’endettement (passé de 6 milliards 100 millions d’euros à 6 milliards 306 millions sur l’exercice 2024) ne fait l’objet d’aucun commentaire. De là à dire que les dirigeants d’Iveco Group cherchent à en faire un beau parti, il n’y a qu’un pas. Les ventes de filiales, que ce soit chez Iveco France ou à l’échelle d’Iveco Group depuis plusieurs mois et années, tendraient à confirmer cette tendance.

L’action d’Iveco a bondi vendredi à la bourse dès l’annonce de près de 18% sur une seule journée.