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Journées Agir Transport 2025 : midibus, 24 m et optimisation électrique à l’honneur

S’il faut retenir les tendances de cette édition du salon Agir Transport cette semaine à Reims, c’est le développement de modèles de niche et le passage progressif de l’électrification à l’âge adulte.

L’électrique en vedette

Les Journées Agir sont souvent riches d’enseignements pratiques. Outre le programme des conférences officielles, où l’on rappelle que les données d’exploitation ou commerciales deviennent de vrais outils de décisions stratégiques, la partie dédiée aux exposants industriels méritait également le détour.

On y retrouve les vedettes de l’UITP 2025 fraîchement débarquées de Hambourg, comme le Mercedes-Benz eCItaro K. C’est la riposte au MAN Lion’s City 10 E. Hormis son empattement raccourci, il reprend toutes les caractéristiques, et les schémas électriques, des Mercedes-Benz eCitaro standards. Matthieu Beyt, directeur des ventes de Daimler Buses France, reconnaît que c’est un complément de gamme plus qu’un modèle à volumes.

Autre nouveauté du segment Midi : le Heuliez GX 137 CNG (photo). Le modèle se singularise par sa largeur de 2.33 m précieuse dans les centres historiques de certaines villes, mais aussi par la disponibilité en 9.5 m et 10.7 m de long. Notez une autre originalité, les modèles GNC sont construits à Annonay, tandis que ceux à propulsion électriques restent fabriqués à Rorthais, fief historique Heuliez. Le fait qu’il soit désormais proposé au gaz naturel témoigne de l’attachement de certaines collectivités à leurs investissements dans les stations de compression. Il est animé par un moteur Iveco Tector GNV de 280ch. BG Motors exposait également le Altas Novus City V7 un Midibus électrique chinois d’origine Zhongtong Bus. D’une capacité de 33 passagers il ne fait que 7.49 m de long.

Vers des autobus XXL ?

L’autre tendance de cette édition est à l’opposé dimensionnel des Midi : il s’agit des autobus de 24 m tri-caisses. Hess, qui va réaliser une excellente année en France au vu des livraisons en cours à Lyon ou Nancy, expose un spectaculaire articulé de ce type en provenance de Bâle (Suisse). De là à donner des idées en France, (au hasard : au Sytral de Lyon) il n’y a qu’un pas.

L’autre constructeur européen qui mise ouvertement sur le 24 m est Solaris Bus. S’il n’est pas exposé, il est bien présent à l’esprit de Brice Bonavia, gérant de Solaris Bus France. Il est convaincu que c’est un type de véhicules appelé à se développer dans un avenir proche. Dans l’immédiat Solaris Bus France renforce son service après-vente, tant par des nominations d’ateliers agréés (comme Azur Trucks en Provence) que par le recrutement de techniciens itinérants. Comme Hess, Solaris Bus devrait réaliser une belle année en termes d’immatriculations entre les livraisons pour Artois Gohelle, Clermont-Ferrand, Saint-Etienne ou Ile de France Mobilités.

Piloter la recharge et optimiser les coûts d’infrastructures

Autre phénomène remarquable de cette édition : une forme de maturité dans le domaine de la recharge des autobus électriques. Les Autorités organisatrices publient de plus en plus d’appels d’offres « complets » associant fourniture des autobus avec toute l’ingénierie et l’infrastructure.

Agnès Cazaux, Cheffe de projet électromobilité chez Iveco Bus évoque le périmètre de ces nouveaux services sur-mesure. Cela peut se faire dans le cadre d’un appel d’offres classique ou de groupements avec contrats de sous-traitance.

Pour cette raison, des experts de Daimler Buses Solutions étaient également présents à Agir Transport. La planification des recharges fait partie de ces offres clefs en mains. Le géant de l’Assistance à maîtrise d’ouvrage et de l’ingénierie Systra était également présent. Fait nouveau, le groupe commence à s’intéresser au monde du transport de marchandises. Il est généralement recommandé via les fournisseurs de bornes de recharge. Pour le moment, il n’est approché que par des grands comptes ou des groupements. Mais la démarche est initiée.

À l’opposé de ces géants, la société Rhône-alpine Mona Energy (qui fait partie désormais du spécialiste de la distribution CBM) propose une solution légère d’installation de bornes et prises de charge, sans recours à de lourds travaux de génie civil (de type tranchées T3). Surtout, son offre (limitée à 22kW, 2x40kW ou 2x60kW) se caractérise par sa modularité. Une façon d’aborder l’électrification « en douceur » sans passer d’emblée par de lourds investissements.

Visitez en photos le salon Agir Transport 2025

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Irizar eMobility ieTram ou comment dire cachez moi ces pneus que je ne saurais voir.

One Response

  1. Merci pour cet article qui permet au contribuable non milliardaire (vu le prix de l’entrée) d’être au courant des nouveautés. Bus batteries de 24 mètres, pourquoi pas mais à quels coûts comparés au trolleybus IMC de Nancy ou au TOSA de Nantes? Le contribuable ne le saura jamais, c’est secret. Des bus de grande capacité, et si on pensait à la solution bus+remorque voyageurs ? Ah pardon, trop ringard, solution de pays sous-développés comme l’Allemagne ou la Suisse, et pourquoi vouloir économiser de l’énergie et des pneus en heures creuses, trimballer un 24 m en heures creuses pour quelques voyageurs, cela montre qu’on a le souci du confort du voyageur.

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