Les gares routières attisent les convoitises financières de sociétés concessionnaires mais concentrent de nombreuses critiques de la part des voyageurs et des opérateurs. La FNAUT, association fédérant de nombreuses associations d’usagers, tire la sonnette d’alarme sur le sujet de leur gouvernance.
Des incohérences et carences de gestion
Les gares routières, mal aimées des collectivités et du législateur, attirent pourtant nombre de convoitises financières (l’exemple de la Saemes à Paris-Bercy en est l’exemple le plus caricatural, mais il n’est pas le seul). Aux imbroglios juridiques et financiers (accès équitable à la desserte des plateformes aéroportuaires, aux gares routières sises à proximité des gares ferroviaires -souvent confiées, mais est-ce un hasard ?, à des filiales de la SNCF) viennent se greffer des problèmes de gouvernance. La FNAUT demande de la simplicité et de la lisibilité.
Dans sa prise de position, elle relève des incohérences et carences de gestion : la situation dans la région Hauts-de-France est « symbolique de l’imbroglio qui existe : la région déclare qu’elle n’est pas responsable des arrêts, car les abris sont de la compétence du département et les potelets d’arrêts dépendent du gestionnaire de la voirie … Cette situation est préjudiciable pour tout le monde, à commencer par les voyageurs, mal accueillis et mal informés, face à un contexte complexe et impropre à fournir la qualité de service qu’ils attendent (…). La question se pose de la même manière à Creil, avec une absence de coordination entre la région, le département et l’agglomération : la gare routière est éloignée de la gare ferroviaire (…). » Mais elle n’est pas seule dans ce cas.
Un appel (et des suggestions) pour une meilleure coordination
« Dans ce domaine de la mobilité, comme dans d’autres, la FNAUT ne cesse de réclamer que les différentes collectivités impliquées dans les transports se parlent et se coordonnent. L’objectif est de faire des gares routière le point d’ancrage d’un véritable réseau d’autocars librement organisés, eux-mêmes interconnectés aux les autres services de transport régionaux, de proximité et de longue distance au sein d’un même pôle d’échange multimodal.
Quelle que soit in fine l’autorité responsable de la gare routière, région ou agglomération, la région devrait confier la maîtrise d’ouvrage des travaux d’aménagement de la gare routière à l’intercommunalité locale, déjà en charge des transports et de la voirie, la gestion de la gare étant ensuite assurée par la région et/ou l’intercommunalité, comme à Toulouse-Matabiau, à travers une délégation de service public ou en gestion directe. Dans les Pays de la Loire, la région a mis en place une délégation de service public pour les gares routières à proximité des gares ferroviaires. Des dispositions incitant au rapprochement institutionnel ne peuvent-être qu’au bénéfice du voyageur : accueil, services, information, correspondances ».
Un plaidoyer pro domo
La FNAUT n’oublie pas ses adhérents : « quel que soit le chef de file des gares routières, toutes les parties prenantes à son activité doivent se retrouver régulièrement autour de la table et les voyageurs y être représentés par leur association locale ou régionale. Les parties prenantes doivent être traitées sur un pied d’égalité et les représentants des usagers devraient être régulièrement convoqués aux réunions prévues selon un calendrier préalablement défini.
En particulier, les représentants des usagers devraient être associés à l’élaboration d’un cahier des charges de la gare routière, définissant des exigences de qualité de service, ainsi qu’aux décisions relatives à leur gestion, au même titre qu’elles le sont dans les autres délégations de service public lancées par la région. » Une présence pas toujours vue d’un bon œil, notamment en Bourgogne Franche-Comté ou en Auvergne Rhône-Alpes.
La FNAUT rappelle également que les gares routières « font partie des infrastructures de transport et intégrées comme telles à la Stratégie de développement de la mobilité propre ». Pour les droits des voyageurs, la fédération rappelle également que ces espaces font « partie d’un réseau national couvert par les textes relatifs aux droits des voyageurs routiers et ferroviaires ». Le texte de la FNAUT constitue un soutien supplémentaire au Comité de concertation mis en place sur le sujet des gares routières à mi-mars 2025 par l’Autorité de régulation des transports (ART). Cette convergence entre FNAUT et ART est suffisamment remarquable pour être signalée. L’autorité administrative et la fédération parviendront-elles à faire plier intérêts privés et roitelets locaux ?
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